samedi 9 avril 2016

Ça commence très fort!


Départ de Cointrin, Genève
N’avais-je pas dit à qui voulait l’entendre, les jours précédents mon départ, que ma peur n’était pas celle de l’avion mais de rater l’avion?

Ça, c’est fait!

Tout avait pourtant très bien commencé. J’ai très mal dormi la nuit de jeudi à vendredi, normal. Réveillée vers 2h30, je n’ai pas réussi à me rendormir. J’ai somnolé un moment et puis à 4h et des minutes, je me suis fait un bon petit café avec une tartine.

J’ai pris le bus dès potron-minet et suis arrivée à l’aéroport à 6h15, soit deux heures trois quart avant le départ du vol. J'avais de la marge, mais j'étais rassurée. À 6h30, j’avais enregistré mon bagage et c’est un peu plus tard que Christina m’a rejointe, tôt, elle aussi un peu stressée au moment du départ.



À partir de là, tout est très bien allé. Contrôle des passeports, ouvrir les sacs, sortir les liquides d’un côté, l’informatique de l’autre, puis le transit et hop, l’embarquement. Un vol Genève-Amsterdam sans encombres, les vacances s’annonçaient bien.

Dans le port...
d'Amsterdam
Atterrissage à Amsterdam en douceur, ça prend des plombes à rouler sur le tarmac pour rejoindre le terminal. À un moment, la piste passe par-dessus l’autoroute. Intéressante expérience. Juste après, on double pratiquement un autre avion. Je suis en mode observation de l’insolite et je m’amuse beaucoup.

Doubler un autre avion
Nous avons le temps, il est 11h et le vol pour Seattle est à 12h50. En transit, nous nous offrons un petit café et une pause cigarette pour Christina. C’est que de nos jours, c’est compliqué de fumer. Elle a droit à une cabine en verre d’une contenance de 18 personnes dans laquelle 13 personnes sont déjà en train de tirer sur leur cigarette. Elle tire trois bouffées sur la sienne et revient avec l’impression d’avoir fumé un paquet entier, et son pull aussi.

Nous nous dirigeons tranquillement vers la gate D1 où notre vol est annoncé. Avant cela, surprise, il y a un contrôle de sécurité et une énorme foule devant. Gasp…. Une colonne est réservée aux «vols affichés sur ce tableau» et ça nous prend 5 minutes pour voir que le nôtre y est. Ce sont ceux qui vont partir imminemment. C’est qu’effectivement, l’heure approche. Il est presque 12h15. Il nous faut encore un quart d’heure pour passer le contrôle et nous arrivons à la gate D1. Une hôtesse nous dit que l’embarquement est terminé. QUOI ? Oui, parfaitement, on embarque une demi-heure avant le départ du vol. Néanmoins, elle nous conseille de nous précipiter vers la gate D2 pour «voir s’ils sont encore là». Deux hôtesses et un monsieur balaise nous disent que non, c’est raté. C’est tout juste si on ne pleure pas, mais il nous explique que nos bagages ont déjà été retirés de la soute, donc, même s'il le voulait, lui, c’est cuit.

Grand moment de suspension dans le vide.
Non, mais non, c’est pas possible, ça démarrait si bien!
Ben si. Je viens de rater le premier avion de ma vie. Ça manquait sur la liste des trucs à raconter à ses petits-enfants.

La suite est prévisible, nous faisons une nouvelle réservation. L’avion, c’est pas le bus, et d’Amsterdam à Hawaii, ce n’est pas direct, ni toutes les heures. Impossible dès lors de ne pas rater le vol pour Kona à 17h. Nous finissons par obtenir un Amsterdam-Minneapolis qui décolle à 15h10 pour prendre un Minneapolis-Los Angeles à 19h30 où nous arriverons vers 21h.

Aéroport de Minneapolis.
Grâce à la technologie moderne,
les menus de ce restaurant sont sur iPad.

Il faudra passer la nuit à Los Angeles pour prendre un vol pour Kona samedi matin à 9h et arriver à destination une quinzaine d’heures plus tard que prévu.

Ceci étant réglé au mieux, d’autant que non seulement cette nouvelle réservation n’est pas facturée, — l’aéroport assumant les difficultés du contrôle de sécurité — mais pour le même prix, je bénéficie d’une place «confort economy» où il y a un peu plus de place pour les jambes. Nous décidons de positiver un maximum et nous nous convainquons qu’il y a quelque part une excellente raison à cet événement. L’avenir nous le dira.

L’avenir m’offre tout de suite un moment d’anthologie. C’est que cette fameuse gate D1 n’est pas une porte d’embarquement, c’est — encore — un contrôle en vue d’arriver aux USA. Je ne m’y attends pas du tout, et je donne ma carte d’embarquement comme juste avant de monter dans l'avion. S’ensuit le dialogue suivant avec un homme plutôt charmant mais d’un premier abord ambigu.

Christina est à côté de moi et elle se dirige vers le comptoir suivant qui est libre, histoire de gagner du temps. Le monsieur ambigu me demande ce qu’elle fait et si nous sommes ensemble. Je dis oui, je ne sais pas, il lève les yeux au ciel, je modère mes réactions, je préfère ne pas plaisanter avec la parano des Américains. Même si ce monsieur est sûrement pas hollandais…

— Contrôle du sac.
— ???
— Est-ce que ce sac est à vous?

J’ai un gros sac en bandoulière qui contient de quoi survivre à un voyage de 22 heures, dont mon informatique et tous mes trucs de fille. La question me semble particulièrement idiote. Néanmoins, je réponds tout à fait poliment.

— Oui.
— Vous l’avez fait où ?
— ????
— Où avez-vous fait ce sac?
— À Genève.
— Oui, mais où ?
— Je ne comprends pas votre question…
— Où vous êtes-vous réveillée ce matin?
— À Genève, en Suisse. Je viens de Suisse.
— Oui, mais c’est quoi, Genève, c’est l’univers? La galaxie?

Non seulement il est ambigu, mais je commence à penser qu’il est complètement fou. Ou c’est moi. Il est néanmoins détendu et il sourit, même s’il s’impatiente un peu; n’empêche que je commence à flipper grave, je ne COMPRENDS RIEN à ce que je suis en train de vivre. Après avoir répété le dialogue ci-dessus encore une ou deux fois avec des variantes, il prend une grande inspiration et me redemande où je me suis réveillée ce matin.

— À Genève
— C’est quoi, Genève, pour vous?
— La maison...? («Home»)

Il lève les yeux au ciel en signe de victoire, car j’ai enfin prononcé le mot magique.
MAIS IL FALLAIT ME DIRE QUE C’ETAIT UN JEU ET QUE JE DEVAIS DEVINER LE MOT JUSTE!!!!

Maintenant que j’ai compris à quoi on jouait, ça se passe mieux :

— C’est vous qui avez fait votre sac?
— Oui.

«Non, c’est ma mère. À mon âge, je ne sais pas encore faire…»
«Arrêêêête!»

— Et vous êtes venue comment à l’aéroport?
— En bus.

«Il veut mon numéro de culotte aussi? C’est quoi ces questions?»
«Ta gueule, Patricia, je t’en supllie, ne dis rien!!!!!»

— Et vous l’avez toujours eu sur vous depuis votre départ?

Je mets une demi-seconde à chercher à comprendre la question.

«Cherche pas, réponds sans réfléchir!»

— Oui.
— Personne ne vous rien offert?

Lààà, je commence à comprendre. Le monsieur ambigu veut savoir si y’aurait pas un vilain terroriste qui m’aurait glissé une arme dans mon sac pendant un moment d’inattention ou en m’offrant une grosse boîte de chocolats que j’aurais acceptée, bien sûr, quoi de plus normal de la part d’un inconnu bronzé avec une grosse moustache et une serpillère sur la tête que de m’offrir des chocolats à 6h30 du matin, boîte que je n’aurais pas ouverte tout de suite, disons que je l’aurais gardée pour plus tard, et là, surprise, sans que je ne m’en doute une seconde avant qu’un ambigu ne me pose la question, on se rendrait compte qu’il aurait une kalachnikov dedans ou une bombe…

J’hésite à dire que Christina, la dame bizarre qui vient de changer de colonne, m’a gardé mon sac pendant que j’allais faire pipi, mais l’état-major ordonne sèchement «NON. Tu déconneras plus tard sur ton blog si tu veux, mais pour l’instant, tu te la coinces».

Je sais que mon état-major a raison et j’obtempère, tout en souriant, parce qu’on commence à bien s’amuser avec le monsieur ambigu…

— Non, personne ne m’a rien donné.

Il est content, il a toutes ses réponses. Il me colle un joli petit auto-collant bleu sur le passeport, me tend un ticket avec le numéro de la porte d’embarquement:

— La porte d’embarquement se trouve quelque part dans cet aéroport, me lance-t-il.
— Parfait, je trouverai bien. J’ai déjà manqué un avion, je peux bien en manquer un autre.

On rigole et il me souhaite bon voyage et bonne chance après avoir tout de même précisé gentiment la direction de la gate D51, à l’autre bout de l’aéroport, bien sûr.

Là, il y a un wifi gratuit que j’utilise pour avertir l’hôtel et Esmeralda, la fille avec qui je vais partager la chambre, de notre retard.

Et puis la vie reprend son cours. Dans la queue pour embarquer, on rencontre Maureen, une américaine super sympa qui a été aussi déroutée que nous par la D1. Ça nous a rassurées, avec Christina. C'est pas seulement nous.

J’écris cet article alors que nous sommes quelque part au-dessus de l'atlantique et que ça secoue. Je pense à Audrey, à qui je disais hier que j’adore l’avion, sauf quand ça secoue, et qui me répondait qu’elle, elle adore.

— Je me crois sur les montagnes russes.

On peut le voir comme ça.

Faudra que j’en parle à Evelyne. Mais je crois qu’elle n’aime pas non plus les montagnes russes.

En forme d’épilogue, je signale encore que j’ai fermement déclaré à Christina qu’elle fait ce qu’elle veut, mais moi, il n’est pas question pour moi d’attendre le vol pour Kona ailleurs que devant la porte d’embarquement. Je passe la nuit dans l'aéroport de Los Angeles, je m’en fous!

Coucher de soleil au départ de Minneapolis

Je ne peux m'empêcher de me questionner sur la signification de signe...
«Réacteur interdit aux humains»?


Il pleut à Los Angeles en dépit de la chanson qui dit qu'il ne pleut jamais en Californie











































dimanche 3 avril 2016

J-5

Une sinusite véhémente m'a pris la tête dimanche dernier. Mardi, alors que je me promenais au bord d'une rivière, j'enjambe un tronc en travers du chemin, je ne lève pas assez la jambe et je me vautre violemment à plat ventre. Je me tape le poignet sur une racine et me fait un hématome d'anthologie. Pour couronner le tout, depuis hier, je présente — comme on dit en langage médical — une cystite.



Mais qu'est-ce c'est que ça veut donc dire???

Le moral un peu abattu par ces tracasseries corporelles, j'honore tout de même la visite chez mes amis en terre fribourgeoise, histoire de remonter un peu ledit moral et de me changer les idées. Au retour, les idées rafraîchies et la forme légèrement meilleure, je rate un train à quelques minutes. J'ai une demi-heure avant le suivant, j'en profite pour m'enfiler dans le drugstore et j'achète de l'anti-moustique, de l'écran solaire et de l'huile de monoï après-solaire «pour Hawaii». Voilà qui fait circuler un frisson de réjouissance à la surface de ma peau à l'idée du bain de soleil dans lequel je vais plonger dans une semaine. Ça recommence à sourire à l'intérieur.

Je décide de faire confiance à mon corps, je lui laisse jusqu'à jeudi soir pour se remettre d'aplomb. Pas question d'embarquer vendredi autrement qu'avec vitalité et enthousiasme. Les mal-a-dit, c'est avant. Pas pendant.

Ce matin, après une bonne nuit de sommeil, je me réveille en bonne forme.
Dommage, c'est encore un peu tôt pour faire ma valise, mais si je m'écoutais...






dimanche 21 février 2016

Voyage à Hawaï

Un vrai voyage pour de vrai, avec de l'avion, loin, au soleil.

Hawaï, j'en rêvais depuis longtemps. C'est l'un des endroits de la planète que je m'étais promise d'aller voir avant de la quitter. Ce sera chose faite en avril prochain.

Je cumule le plaisir d'un stage avec des gens «de même esprit» comme disent les Anglais. Il y sera question de conscience vs intellect et de trame de l'univers. Tout ce que mon cerveau hyperactif aime.

Mais surtout, la clique est composée de joyeux lurons qui aiment la vie et ses bonnes choses, on va s'amuser, c'est certain.

L'hébergement: le Sheraton de Kona, Big Island, excusez du peu. Je vais me faire une semaine de princesse, je pourrai également rayer cela de ma liste des choses à faire avant de me dématérialiser.

Et bien sûr, check aussi: nager avec les dauphins.

Nous sommes le 21 février et je réveille déjà le blog, tellement je me réjouis.



jeudi 8 octobre 2015

Voyage dans le temps

C’était une époque où la technologie avançait vite. On faisait découverte sur découverte, progrès sur progrès. Par exemple, un téléphone portable, d’abord tout simple, juste un appareil pour communiquer avec un interlocuteur, était devenu, en une demi-décennie, un bijou d’informatique bourré d’applications en tous genres. 

À cette époque, cependant, les saisons étaient toujours les mêmes. Après le printemps, l’été, après l’été l’automne et l’hiver. Cette année-là, l’été avait été caniculaire et tout le monde était content parce que les deux années précédentes, la saison avait été pourrie. Alors quand, en septembre de cette année-là, les températures commencèrent à baisser, le contraste fut encore plus grand et on eut vite froid, surtout dans cet immeuble ancien, mal isolé. Au bout de dix jours, il faisait même plus froid dedans que dehors. 

Au début, on s'était dit que les radiateurs allaient chauffer bientôt. C’était toujours comme ça que ça se passait. Un ou deux jours frisquets et puis le chauffage mais au bout de dix jours à 17° dans l’appartement, on commença à se poser des questions. 

Comment ça marche, au fait, le chauffage? C’est là qu’on apprend qu’il y a une chaudière neuve de deux ans, à gaz et non plus à mazout. — Bon, d’accord, mais alors comment elle se met en marche, la chaudière? Il y a un thermostat et quand il fait froid, elle démarre, non? Ah nooon, c’est pas comme ça que ça se passe, il faut un chauffagiste, un monsieur du métier, pour venir allumer la chaudière et faire des réglages. — Bon, alors il pourrait passer, le chauffagiste? Ben oui, mais vous savez ma petite dame, vous n’êtes pas toute seule, les ordres sont donnés à mi-septembre pour que toutes les chaudières de la République soient enclenchées à fin septembre et les chauffagistes ne peuvent pas être partout en même temps! — Mais on pourrait pas s’y prendre plus tôt? Mais non, c’est mi-septembre pour fin septembre, c’est tout.

La dame voulut en savoir plus. Elle se demanda d’abord si les températures étaient au courant qu’elles ne devaient pas descendre avant fin septembre… Elle habitait là depuis 60 ans et que c’était la première fois qu’elle remarquait que le chauffage n’était pas quelque chose de magique qui arrivait tout seul, avec la saison froide. Tiens donc, mais il y a eu toujours eu un chauffagiste? Non, non, non, mais avant, on avait une seule chaudière pour l’eau chaude et le chauffage, c’était archaïque. Quand les locataires ouvraient les vannes des radiateurs, la consommation d’eau chaude augmentait et pendant deux ou trois jours, l’eau était tiède au robinet. Tout se rétablissait ensuite. La chaudière chauffait plus d’eau pendant l’hiver que pendant l’été et la facture de chaque locataire augmentait avec la température dans les pièces. Mais avec la modernité, on avait mis deux chaudières et des vannes thermostatiques à chaque radiateur. Pour faire des économies. «Deux chaudières et toutes ces vannes, c’est pas des économies» se dit la petite dame qui véhiculait un bon sens en désuétude.

Elle apprit ensuite que les sondes de température étaient à l’extérieur du bâtiment. 

— Si je veux savoir la température de l’eau qui bout dans la casserole, je mets le thermomètre dedans, pas dans le frigo, avait dit la petite dame au chauffagiste qui venait de l’informer.

Il lui avait répondu avec suffisance que de nos jours, la technologie permettait bien mieux qu’à son époque. 

— N’empêche qu’à mon époque, on n’avait pas froid pendant un mois avant que les radiateurs ne soient chauds. Et là, ils sont à peine tiède. 

Le chauffagiste avait répondu qu’il allait passer, mais il ne savait pas quand, il était surchargé. La dame avait alors fait remarquer qu’à l’ère de la technologie de pointe où il était possible de déclencher des machines à distance… et le monsieur l’avait interrompue en disant que peut-être, on pouvait effectivement agir à partir d’un smartphone, mais que les chaudières n’était pas toutes équipées de ce dispositif et il lui semble même qu’il avait ajouté que «tout le monde ne possède pas un smartphone». Comme il se mettait de mauvaise humeur, elle n’avait pas insisté et s'était abstenue de répliquer qu'au lieu des vannes thermostatiques, il auraient mieux fait d'installer le dispositif pour le smartphone.

Ça lui avait rappelé une autre discussion, à la petite dame. Suite à un incendie, elle s’était retrouvée sans téléphone et donc sans possibilité de recevoir de sms. Or, elle recevait un code d’activation pour accéder à son compte en ligne par sms. Elle avait appelé la hotline de sa banque pour recevoir ce code autrement. Pas possible! 

— Ah bon, mais comment font les gens qui n’ont pas de smartphone?
— Tout le monde a un smartphone, Madame!

Tout le monde a un smartphone, sauf les chaudières de son immeuble, incapables dès lors de recevoir le sms qui mettrait le feu au gaz pour chauffer les radiateurs. La dame soupira et elle se dit, en allumant le petit chauffage électrique, qu’elle préférait quand les gens étaient plus smart que les phones. 







jeudi 22 janvier 2015

Réflexion sur le cours des choses

Comme tout le monde, j’ai un smartphone et un abonnement chez un opérateur d’une jolie couleur. Nous l’appellerons Rouge, pour ne pas le nommer.

En fait, non, justement, je n’ai pas d’abonnement, mais une carte prépayée. Je constate ce jour que ma recharge a vite diminué, et je cherche à vérifier ma consommation. Zut, la fonction n’est pas accessible sur le site. Je précise encore que si j’adore papoter au téléphone avec mes copines, je déteste les appels administratifs.

J’écris donc au support pour demander pourquoi t’est-ce donc que je ne peux pas consulter ma consommation en ligne, je vous prie, s'il vous plaît? Je reçois une réponse automatique qui m’avertit que je serai prévenue, leur réponse peut prendre deux ou trois jours suivant comment ils sont submergés de demandes. Je m’estime prévenue. — Je m’en fous, j’ai le temps.

Une heure plus tard, une charmante dame m’appelle. Hé bé, ils sont pas submergés, me dis-je. Tant mieux, tant mieux. Elle s’étonne, me dit que chez elle, le relevé de la consommation est affiché, elle le voit, là, sur son écran. Bon, me dit-elle, je vais tenter un rafraîchissement de votre compte, vous pourrez vous reconnecter dans quelques minutes, mais vous allez recevoir un nouveau mot de passe pour cela. Pas de problèmes. Oula, c’est vite réglé, dites donc… Puisque je l’ai en ligne, j’en profite pour demander où est passée la fonction de recharge automatique. Disparue, me dit-elle, ils ont tout changé, ça n’existe plus. Je fais remarquer «qu’ils ont tout changé et ils ont régressé». Elle s’en désole avec moi. Ça ne me satisfait pas pour autant, mais bref. Le client est nettement moins roi qu’avant, c’est sûr.

J’attends un peu et je retourne sur mon compte avec mon nouveau mot de passe. Je commence par remettre l’ancien, parce que je l’aimais bien et qu’il est précieusement noté quelque part (hé, vous ne pensez pas que je connais tous mes mots de passe par cœur!?) et puis je constate que le relevé n’y est toujours pas. J’attends un peu, des fois que les nouvelles données mettent du temps à passer d’un écran au serveur à un autre écran et tout et tout… Mais non, deux heures plus tard, toujours rien. Je réécris.

Leur réponse, par mail, cette fois :

Madame Eberlin,

Nous vous remercions de nous avoir contactés.

Malheureusement nous n’avons pas la possibilité de vous envoyer un relevé écrit de votre consommation, mais nous vous invitons à contacter le service à la clientèle au XXX XXX XXX pour qu’ils vous communiquent par téléphone ces renseignements.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter.

Nous vous souhaitons une bonne journée.

Avec nos meilleures salutations,


Un peu énervée et légèrement impatiente, je réponds sèchement :

Non, j’aurais voulu avoir un relevé écrit.
Au siècle de la haute technologie, une copie d’écran n’est pas possible?
Tant pis,
Merci quand même


Je pensais qu’on en resterait là, mais madame Rouge, toujours soucieuse de plaire à ses clients, me précise :


Madame Erbelin,

Aie, il doit être énervé aussi, son doigt a glissé sur le clavier, je suis devenue Erbelin.

Nous vous remercions de nous avoir contactés.

Notre politique de protection des données, et par relation de votre vie privée, nous interdit de divulguer des relevés détaillés de consommations par capture d'écran. Il s'agît d'une rêgle (Il aime bien les circonflexes, le monsieur) à laquelle nous ne pouvons pas transiger, (il a dû vouloir dire que nous ne pouvons pas transgresser) par respect pour le règlement de Rouge et par respect de la législation.

Nous regrettons donc de ne pouvoir donner suite à votre demande. Toutefois, nous vous réitérons notre invitation (un pronom de trop, on réitère tout court) à nous téléphoner au XXX XXX XXX, afin de poser toutes vos questions concernant votre consommation.

Espérant avoir satisfait votre attente, je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distinguées. (Et il a des sentiments féminins, tout pour plaire!)


Alors là, je ne peux m’empêcher de me taper les cuisses de rire. Big Brother est partout, la NSA nous espionne, c’est de notoriété publique, mais madame Rouge ne peut pas me donner un relevé de mes appels sous forme de copie d’écran par mail? Madame Rouge qui, soit dit en passant, sait exactement quels sont les appels que j’ai effectués, elle. Elle a l’info, et moi pas. Frustrant.

De quoi a-t-elle peur, madame Rouge, que quelqu’un pirate son message avant qu’il n’atteigne ma boîte mail? Ou peut-être que je ne peux pas posséder une copie de SON écran, c’est trop risqué!? Je pourrais y voir des choses qui ne me sont pas destinées. Je cherche, mais je n’arrive pas à me figurer où est le danger de non-protection des données.

Définitivement grincheuse, je réponds à peine poliment:

Non merci, aucune envie de noter à la main un relevé fastidieux.
Je vais économiser mon temps et le vôtre, et j’attendrai que la fonction soit à nouveau disponible sur le site.
Tant pis pour cette fois.

Et j'ai le dernier mot. Na!
Oui, je sais, c’est pas joli, mais décidément, la bêtise me fait sortir de mes gonds.

«Protection des données», si seulement!












samedi 17 janvier 2015

Voyage... dans le futur?

Des choses se passent sur la Terre. Le 7 janvier 2015, attentat chez Charlie Hebdo, et depuis, beaucoup d'encre coule.

Il me semble les fondements de ce qui est notre société aujourd'hui tremblent, et c'est pas plus mal, parce que tout ne va pas super bien, il faut bien le dire. Ça nous permet de nous poser des questions et peut-être d'y apporter des réponses.

Je relaye cet article de blog avec lequel je suis bien en phase.

La plus jolie fin du monde























dimanche 2 novembre 2014

Le monde de l'administration, suite...

La roue tourne, les choses finissent toujours à avancer.

Il y a quelques jours, je reçois deux courriers de la même caisse, même logo. Appelons-là CDR pour Caisse de Retraite. J'ouvre le premier qui dit en substance que mon dossier a été géré par plusieurs entités (merci, je m'en étais rendue compte), qu'ils s'en sont rendus compte (bien joué!) et que pour simplifier (ah, enfin!), ledit dossier allait désormais être traité par un seul interlocuteur, la CDR (yes!)

Le second courrier m'indiquait le montant de la retraite qui m'était — enfin — octroyée. Youpi! Une phrase cependant a retenu mon attention : «Votre pension n'est pas mise en paiement car vous n'avez pas répondu à nos différents courriers». 

Les chaussettes m'en sont tombées. 

Et puis sur un second feuillet, un laïus agréable m'indiquant à qui m'adresser et comment et dans quels délais, au cas où je ne serais pas contente avec ce qu'on venait de me dire. J'ai d'abord exprimé verbalement ma façon de penser aux murs de mon bureau, et la décence m'interdit de le rapporter ici. Et puis j'ai décidé de le prendre à la légère. Après tout, ce n'est que de l'argent... — Je vais mentionner ici qu'on parle d'une somme «confidentielle». C'est l'euphémisme pour «minable».

J'ai passé un long moment à tenter de comprendre, j'ai fini par m'apercevoir que si le logo était le même, celui de la CDR, les deux enveloppes émanaient d'un service différent. Un peu de lumière dans un tunnel tout noir... J'ai parcouru les courriers précédents, tentant de discerner à quels courriers je n'avais pas répondu, macache!

J'ai pris une feuille blanche et ma meilleure plume, et j'ai écrit, en substance:

Chère Madame CDR,

J'ai bien reçu votre courrier et le montant de ma pension et je vous en remercie (grosse hypocrite!). Cependant, une phrase m'étonne et me surprend, je la cite: «Votre pension n'est pas mise en paiement car vous n'avez pas répondu à nos différents courriers». Différents est bien le mot-clé ici, au cours des deux années qui viennent de s'écouler, j'ai eu le sentiment d'avoir affaire à une dizaine de personnes d'un nombre non identifiable de services. Je vous avoue que j'ai un peu de peine à suivre l'évolution de mon dossier.

Pas plus tard qu'il y a dix jours, j'ai envoyé un certificat de vie à Mme Machin, avant cela, un relevé d'identité bancaire à Mme Trucmuche, qui m'en a confirmé à la bonne réception, avant cela encore, j'ai eu affaire à Mme Anno, puis Mme Nyme avant elle, j'ai rempli des formulaires, j'ai répondu à des questions, j'ai validé des plans de carrière et ce faisant, j'ai rencontré plein de gens charmants au demeurant. Je suis donc étonnée par votre remarque.

Néanmoins, après deux ans de démarches, je suis prête à en effectuer d'autres, dites-moi juste à qui je dois envoyer quoi pour voir enfin la couleur de cet argent qu'on me fait miroiter depuis tout ce temps.

Bonjour chez vous.


Allez savoir, un de ces jours, je vais peut-être recevoir un virement bancaire. Cela dit, j'adore cette exploration du monde mystérieux de l'administration, de ses couloirs, de ses tiroirs et recoins, de ses méandres et circonvolutions. Une tout autre façon d'utiliser son cerveau. Passionnant !












mardi 14 octobre 2014

Le monde de l'administration

Un monde vraiment à part...

Plus de deux ans que mon dossier traîne dans les administrations. Une pension à laquelle j’ai droit. Je me suis un jour adressée à la cantonade, il me semblait que ma situation était éligible pour une aide sociale. On m’a répondu que je n’avais droit à rien. Un peu déçue, je me suis résignée. Et puis un jour, une lettre d’une administration avec des initiales marrantes genre GROPAF m’écrit — je ne veux pas les citer nommément, pas folle, hé…! — que j’ai droit à quelque chose. Ah bon? Joie. Et acte: je remplis des cases avec des noms, prénoms, adresses et autres pedigrees et j’attends.

Longtemps.

Un jour, au bout d’un an, je me rappelle que j’attends et je vais aux nouvelles chez GROPAF.

— Ah, mais j’attends toujours la décision de la PTITBIT pour savoir combien je vais vous donner, me dit une préposée charmante avec gentillesse.

J’apprends ainsi qu’une autre caisse de compensation s’occupe de compenser. Parfait. J’attends donc encore. Et puis comme l’attente dure, je recontacte GROPAF. Pendant une saison, nous échangeons ainsi un contact bi-hebdomadaire, moi demandant quid? à GROPAF, elle relayant la demande à PTITBIT.

La saison passée et avant le milieu de la suivante, je décide de mettre mon grain de sel et de contacter moi-même la PTITBIT, en partie parce que la préposée de GROPAF est charmante et efficace, deux qualités devenues rarissimes chez les fonctionnaires, et que je me dis que l’union devrait faire la force et aussi parce que je commence à perdre un peu patience.

Je compose alors le numéro de téléphone de la  PTITBIT. Ça sonne.

Une fois et demie, et puis une voix automatique féminine répond:

— Bonjour, et bienvenue à l’administration administrative. Merci de vous munir de vos documents…

Merde! Mes documents. Panique. La voix continue:

—…un conseiller va vous répondre.

Argh, un conseiller va me répondre et je n’ai pas mes références sous la main, au secours! La voix n’a pas terminé:

— N’hésitez pas consulter notre site web, vous y trouvez des informations.

Et puis, la musique. J’avais oublié la musique des répondeurs administratifs. Je me demande s’ils n’ont pas étudié à fond la question pour trouver la pire musique, celle qui tend le système nerveux en moins de cinq secondes. Un bon truc pour couper l’envie de téléphoner. J'ai mis mon smarphone sur haut-parleur pendant que je fouinais à la recherche des mes documents, le son est de qualité plus que médiocre, ça fait un bruit infâme, cette soi-disant musique. Je suis déjà énervée quand la voix déclare:

— Tous nos conseillers sont actuellement occupés, nous vous invitons à renouveler votre appel.

Et paf, ça raccroche. Ah bon? Pas de menus à choix multiples ni de «tapez dièse»? Je suis surprise, mais au fond, je préfère.

Toujours déterminée, je recommence jusqu’à obtenir un conseiller. Non mais. Je recommence dix fois et dix fois, la voix me raccroche au nez. La onzième, après avoir répété toutes les phrases comme les dix dernières fois, la voix m’annonce ensuite une attente de cinq minutes. Victoire! Je suis dans la queue! J’attends. 

Je m’en fous, j’attends.

La musique m'énerve, je baisse le son. Je faisais autre chose en attendant, pas loin du téléphone et je me dis soudain que si je baisse le son, je prends le risque de louper le moment où on va me répondre. Je stresse. Je cherche une solution pour étouffer le bruit à la sortie du haut-parleur, mais c’est raté, autant baisser le son. Bon, tant pis, je supporte cette horreur, je suis zen, je peux rester zen, je respire.

C’est pratique un smartphone, le temps de communication s’affiche sur l’écran. Déjà 3:46 minutes, ça va pas tarder à être à moi, hé hé.

Pauvre naïve! La fois suivante, quand je regarde, on en est à 7:23 minutes. Pfff, pas terrible, leur estimation du temps d’attente, j’aurais dû m’en douter! Le temps continue à passer, la musique à m'assourdir et mes nerfs à peloter. Je me concentre sur ce que je fais pour ne pas ajouter un sentiment de perte de temps à mon énervement qui croît exponentiellement. Je n’ai pas beaucoup de patience dans ce genre d’opérations.

Mon esprit digresse et je médite en toile de fond sur les avantages modernes. Nous disposons aujourd’hui de technologies incroyables, nous pouvons téléphoner sans fil depuis des endroits improbables, les ordinateurs sont démentiellement performants et le moindre appareil informatique peut télécharger des applications pour TOUT. Non sans blagues, c’est génial, ça va de la météo en temps réel pile là où on se trouve y compris au milieu de nulle part aux cours en bourse à la seconde près, en passant par tous les petits jeux et divers outils marrants. En revanche, pour obtenir une information d’un fonctionnaire, c’est une tout autre histoire. Les appels arrivent sur une seule centrale, bien que chaque collaborateur puisse être aisément atteint individuellement et directement. Pas de téléphoniste au bout du fil, mais une voix enregistrée. Nos dossiers administratifs pourraient être centralisés, non, il faut remplir un dossier pour chaque service de chaque administration. Le sommet de l’incompétence. À croire qu’ils font exprès, mais dans quel but…? 

Quoi? 18:57 minutes d’attente déjà? Mais de qui se moque-t-on? Ah non, vous ne m’aurez pas, je ne lâche pas, je suis décidée comme jamais, j’attendrai jusqu’à ce qu’on me réponde! Pas question de perdre patience à ce stade de l’opération, mais tout de même, 19 minutes, ils sont gonflés!

À 22:38 minutes, la voix remplace la musique:

— Tous nos conseillers sont actuellement occupés, nous vous invitons à renouveler votre appel.

Et la communication est coupée.

Je pousse le cri primal.

— Noooooon !!!!!!!

Et là, pendant quelques minutes, je m’imagine me rendre dans les bureaux de l’administration et déverser un tombereau de fumier et de purin sur tous les bureaux. Hélas, lesdits bureaux se trouvent dans une autre ville, plutôt lointaine, et puis je ne dispose pas de fumier ni de purin. À défaut, j’attrape mon clavier et tape une lettre rageuse au directeur de ladite administration en réclamant un numéro de téléphone direct et le nom de la personne qui s’occupe de mon dossier.

Au bout de quinze jours, les deux administrations m’écrivent à un jour d’intervalle. PTITBIT me réclame un «certificat de vie afin de pouvoir vous verser votre pension» tandis que GROPAF réclame un relevé d’identité bancaire (ou RIB) original car ils n’acceptent par les fax. En pièce jointe, une image complètement déformée du RIB que je leur avais fait parvenir par mail deux ans auparavant à l’ouverture de mon dossier. Je renonce à comprendre, il y a longtemps que je sais qu’avec les administrations, le mieux, c’est de faire ce qu’on me dit sans utiliser mon QI. Je renvoie un RIB que je trouve encore attaché à un vieux carnet de chèques, tout en spécifiant qu’entre-temps, j’ai changé de nom. J'envoie un RIB tout frais téléchargé du site web avec le bon non, je le précise, et j’espère que de leur côté, ils utiliseront leur QI, eux (aussi minime soit-il).

Le certificat de vie est un papier intéressant: il certifie que vous êtes en vie. Pour cela, il faut aller à la mairie de votre domicile et demander à la préposée de tamponner un formulaire. Pour simplifier, je remplis moi-même le formulaire et le fais signer à la demoiselle charmante qui a reconnu le document, qui le signe et le tamponne de bonne grâce. J’envoie très vite la chose à la PTITBIT, car après deux ans, j’ai hâte de savoir enfin quel montant je vais toucher. Car bien sûr, on me fait miroiter un paiement, on me réclame des documents, mais personne ne songe à m’informer de combien il s’agit exactement. Le suspense reste entier. Je n'ose pas poser la question, de peur de mettre un grain de sable dans un engrenage qui semble enfin s'est mis en mouvement.

Quelques jours plus tard, une lettre de PTITBIT au courrier! Le cœur battant, je me dis que je vais enfin savoir. Hélas, c’est le certificat de vie en retour qui est «inacceptable, car les champs n’ont pas été complètement complétés». Abasourdie, je détaille le document. Il manque le nom de la préposée qui déclare-nous-soussignés-sur-l’honneur.

Arggh, par pitié, donnez-moi du goudron et des plumes! Déjà que je trouve que le coup du certificat de vie est une monumentale débilité, on m’envoie un nouveau formulaire à re-remplir et cette fois complètement. Quand un jour, incidemment, je me suis permise de trouver douteuse l’utilité dudit certificat, on m’a répondu que c’était pour éviter les fraudes. Ah bon, parce qu’on peut falsifier des tas de papiers et pas un certificat de vie? Et si c'est le cas, c’est quoi, la suite? Il faudra prendre une photo avec la préposée de mairie en train de signer le papier et tenir un exemplaire du journal du jour? Tourner une vidéo? Mais on va prétendre que ce sont des montages…

Si vraiment madame PTITBIT craint la fraude, est-ce qu’un fonctionnaire de chez elle ne pourrait pas prendre le téléphone et m’appeler pour vérifier que je suis bien en vie? Parce que jusqu’ici, personne n’a demandé de preuve que c’est bien moi qui ai et rempli tous les papiers, personne n'a demandé que ma signature soit certifiée...

Mais non, je ne suis pas raisonnable, j’utilise mon QI concernant une administration. Allons, il faut que je me reprenne.

Lundi, à la première heure, je vais retourner à la mairie et je vais faire bien attention que toutes les cases soient remplies:

Prénom : Simon
Nom : Cussonnet
Adresse : Place de l’Eglise
Ville : Torelle
Département : Eure


Et voilà !











lundi 6 octobre 2014

Petit voyage en pays new age

J’aime le nouvel âge, pas vous? Le monde où les hommes se veulent de bonne volonté. 

Après des âges de guerre, de conflits, de règlements de compte en tous genre, voilà que tout une partie de population aspire à vivre autrement, à savoir dans l’amour. Ces pèlerins du Nouvel Âge, pionniers en marche vers l’Âge d’Or, s’activent à changer les choses. Car vous en conviendrez, je pense, pour une raison métaphysique encore indeterminée, c’est chose aisée que de se battre entre nous, c’est chose nettement moins zézée que de s’expliquer posément quant il s’agit de régler un désaccord dans le respect de l’autre. Car nous ne sommes pas tous toujours d’accord, c’est un fait avec lequel il faut compter, la bonne entente entre individus n’étant pas génétiquement programmée. On ne sait pas comment le couple Adam et Eve a fini, mais on a des renseignements sur leur progéniture: tous petits déjà, Caïn et Abel ne pouvaient pas se supporter.  On connaît la suite…

Les hommes de l’Âge Nouveau dépensent donc beaucoup de temps, d’énergie et d’argent dans des livres, des conférences, des réunions, des séminaires souvent onéreux  — c’est cher, donc c’est bien — afin, entre autres, de maîtriser une communication la moins violente possible, le but étant de s’affirmer dans ses besoins tout en n’écrasant pas l’autre. L’intention est des plus honorables. 

Mais on sait quel endroit les bonnes intentions viennent parfois paver…

Un exemple étant toujours moins pompeux qu’un long discours, voici une saynète de l’ère Marshmallow du milieu du Nouvel Âge entre deux novices de la Bonne Volonté. En italiques, les traductions du vocabulaire et le décodage du comportement new age.

La scène se passe par mail. Une newager brune cherche un espace (une salle) pour donner un séminaire d’une journée sur «la gestion de l’ego sacré par le souffle divin dans la maîtrise des énergies mentales multidimensionnelles en intégration par le hara » (ou comment être égoïste en respirant par le ventre). En face, une blonde qui dispose, dans le désordre, d’une grande maison, d’un gros compte en banque, d’une grosse envie de tromper son ennui et d’une certaine vénalité. Elle a vidé les meubles de la pièce du bas, elle a pris une photo et l’a mise sur un site web sommaire qui promeut la location de cette salle. 

Labrune vient de contacter Lablonde via ledit site.


De : Labrune@egosacresouffledivin.org
À : Lablonde@espacedelumierealouer.com
Le 2 septembre 2014 à 09:54, Labrune <Labrune@egosacresouffledivin.org> écrit:

Chère Lablonde,

J’ai visiter (Labrune est en conflit avec l’accord du participe passé) ton site (tout le monde se tutoie dans le Nouvel Âge), il est très bien fait (c’est pas vrai), c’est dommage qu’il n’y est qu’une seule photo de la salle, mais elle a l’air tout de même très bien (très chère). J’aimerais organiser un séminaire dans ton espace, voici des informations sur mon activité : www.egosacresouffledivin.org

Est-ce que la salle serait libre le 15 octobre?

Amour et lumière
Labrune

www.egosacresouffledivin.org
Labrune Hautbranchee, coach universelle




De : Lablonde@espacealouerpascher.com
À : Labrune@egosoufflesacredivin.org
Le 2 septembre 2014 à 10:10, Lablonde <Lablonde@espacealouer.com> répond:

Chère Labrune,

Je suis allée voir ton site, j’aime beaucoup (c’est vrai). Ton activité m’attire beaucoup, j’ai tout de suite senti une très belle énergie indigo, c’est bon signe (on ne sait pas de quoi). J’adores ce que tu fait, (Lablonde est en conflit avec l’orthographe en général) c’est lumineux. La sâle est libre le 15 septembre. C’est 200 f de 10 à 16h, le prix a été fixer en accord avec les esprits du lieue.

Pour le même prix, j’envois ton flyer à tout mon carnet d’adresses. 

Je me réjouis déjà de te rencontrer.

Amitiés
Lablonde
www.espacealouer.com
Directrice de location de salle
Tel : 091 45 12 



De : Labrune@egossouffledivinsacre.org
A : Lablonde@petitespacealouer.com
Le 2 septembre 2014 à 10:23, Labrune <Labrune@egosacresouffledivin.org> dit:

Chère Lablonde,

Merci pour ta réponse rapide, c’est agréable.

Je réserve donc la salle pour le 15 octobre. Les gens seront au sol, as-tu des tapis de sol et des couvertures? Sinon, je dirai aux participants d’en apporté.

Pour le prix, j’avais prévu que la journée débute à 9h30 et de finir à 17h. L’horaire que tu propose est un peu juste, peut-on prévoir 150 f à ce moment-là? (C’était très clair dans l’esprit de Labrune, mais moins dans sa phrase).

Pour le mailing, c’est super merci j apprécie. Peux-tu également annoncer mon activité sur ton site?

Amour et beauté
Labrune
www.egosacresouffledivin.org
Labrune Hautbranchee, coach universelle


De : Lablonde@espacealouer.com
À : Labrune@egosacresouffledivin.org
Le 2 septembre 2014 à 15:03, Lablonde <Lablonde@espacealouer.com> réplique:


Coucou,

Je ne peut pas baisser le prix, mais si tu veux, tu peux avoir la salle de 9h30 à 16h30. Après, il faut la nettoyé et j’aime pas finir tard.

Non, pas de tapis de sol, mais il y a des coussin dans la salle comme tu peux le voir sur la photo (trois petits coussins).

Oui, je vais annoncer ton séminaire, mais mon ordi bug, je dois appeler mon technicien.

Pense-tu que je pourrais participer gratuitement à ton séminaire? Il m’intéresse vraiment, et comme ça, je saurais de quoi je parle pour en faire la pub. (Faire de la pub après le séminaire… Est-ce bien utile?) J’ai une amie intéresser (pas vrai, c’est pour forcer la main pour la participation gratuite).

J’adore l’énergie qui passe entre nous. 

Amitiés enthousiastes
Lablonde
www.espacealouer.com
Directrice de location de salle
Tel : 091 45 12 



De : Labrune@egosacresouffledivin.org
À : Lablonde@espacealouer.com
Le 3 septembre 2014 à 15:34, Labrune <Labrune@egosacresouffledivin.org> rétorque speedée:


Hello,

Désolée de répondre si tard, mais je suis débordée. Il y a tellement à faire pour ce séminaire.

Oui, bien sûr, c’est très volontiers que tu peux participé (dit-elle à contrecoeur en enregistrant cette première inscription enthousiaste mais non rémunératrice). Mais ce sera trop tard pour la pub (effectivement).

Je ne vois pas mon annonce sur ton site, as-tu résolu tes problèmes d’ordi? Je m’y connais en site, si tu veux, je peux la mettre pour toi. C’est pénible, les problèmes d’ordi.

N’hésite pas, nous avons toutes les deux intérêt à ce que se séminaire se déroule bien (très vrai).

Une toute belle journée à toi.



Amour refoidi et lumière tamisée
Labrune
www.egosacresouffledivin.org
Labrune Hautbranchee, coach universelle




De : Lablonde@espacebidonalouer.com
À : Labrune@souffleegosacredivin.org
Le 3 septembre 2014 à 21:16, Lablonde <Lablonde@espacealouer.com> déblatère confusément:


Hello

Mon amie s est indcrite pour le 15 (vrai, cette fois)

Comment fait on pour la séance gratuite . Je te propose de me donner un slot (en anglais: un créneau. On peut supposer qu'elle demande un moment pour se voir) , ainsi je pourrais mieux en parler et on se rencontre .

As-tu d autres inscriptions ?

J ai passe 8 heures avec mon technicien et mon ordi bug encore ...
C est lourd !

Bon Week end

Amitiés contrariées
Lablonde
www.espacealouer.com
Directrice de location de salle
Tel : 091 45 12 

Envoyé de mon iPhone (c’est pourquoi les accents et la typo sont douteux).



De : Labrune@egosacresouffledivin.org
À : Lablonde@espacealouer.com
Le 5 septembre 2014 à 08:46, Labrune <Labrune@egosacresouffledivin.org> répond deux jours plus tard:



Hello Lablonde

Quelle séance gratuite ? Il était question que tu participe gratuitement à la journée, mais une séance de soin personnaliser, c’est 120.- Je suis d’accord de t’en proposer une à pour 100.-- au lieu de 120.-

J'espère que tes problèmes d'ordinateur vont se résoudre car je sais que c'est vraiment pénible. 

Peux tu me donner les coordonnées de ton amie qui c'est inscrite.

Passe une belle journée.

Labrune xoxo (une petite croix égale une bise un «o» égale un hug. Un hug, c’est quand on se serre dans les bras avec un regard évaporé et beaucoup d’amour dans le cœur)


Amour agacé et lumière 
Labrune
www.egosacresouffledivin.org
Labrune Hautbranchee, coach universelle




De : Lablonde@espacebidonalouer.com
À : Labrune@souffleegosacredivin.org
Le 5 septembre 2014 à 08:53, Lablonde <Lablonde@espacealouer.com> annonce un peu pincée:


Bonjour 

Je suis étonnée et déçue de ta réponse .
Tu m avait proposer une séance gratuite afin que je fasse de la publicité pour toi et que je sache de quoi il s agit .
Je pensais qu il y avait plus d honnêteté et de cœur dans l histoire .
J ai même dit , met ton mail pour les réponses . C est preuve de confiance et de partage . (Clair dans l’esprit de Lablonde, moins dans sa phrase. Comment ces-deux là se comprennent devient un mystère qui s'épaissit).
Le retour est moins sympa ....

Bonne journée 
Lablonde

Amitiés glaciales
Lablonde
www.espacealouer.com
Directrice de location de salle
Tel : 091 45 12 

Envoyé de mon iPhone (illico après réception et sur nerfs tendus).


De : Labrune@sacrementgonfleesouffledivin.org
À : Lablonde@espacealoueradesgogos.com
Le 5 septembre 2014 à 09:01, Labrune <Labrune@egosacresouffledivin.org> s’échauffe:


Je ne désire vraiment pas de malentendus entre nous, Je ne sais pas comment cela ce passe avec les autres intervenants mais tu avais été claire sur le fait que tu envoyais a tes contacts et je te remercie pour cela. Ta participation gratuite pour faire de la pub ne marche pas, puisqu'il aura déjà eu lieu. Je n’ai rien dit mais je n'aime pas la tournure que prends cette situation. et cela n'a rien a voir avec de l'honnêté ou avoir du cœur .

Et puis je ne vois toujours pas notre annonce sur ton site.



Amour, lumière et fulmination
Labrune
www.egosacresouffledivin.org
Labrune Hautbranchee, coach universelle



De : Lablonde@espacemochealouer.com
À : Labrune@sacrementvenere.org
Le 5 septembre 2014 à 09:07, Lablonde <Lablonde@espacealouer.com> s’explique glacialement:


Hello 

J ai bien reçu ton mail , merci.

Je suis persuadée que tu fais un bon travail . Même si je n ai pas eu l'occasion de l expérionter , j y crois . Je t ai trouve sympa via le skype , donc tout était "feu vert". Si je n aurai pas senti cela , je n aurai pas fait de pub.

De mon côté , j ai du payer pour que le technicien mette la pub sur mon site . Comme toi j ai aussi un soucis du quotidien et la réalité des factures universitaires a la fin du mois . Ma fille étudie à Londres et nous devons aller aux Maldives dans trois jours.

Cependant , tu as quand même trouve des clientes (une seule) a travers mon réseau , et tant mieux pour ces personnes de pouvoir avancer , mais serais-tu du coup aussi d accord de payer au moins la moitié : 30 sfr Pour le travail technique qui a été fait que pour cet atelier ? 

Voilà , je désire que paix et lumière et ne veux pas de nœuds entre nous , mais la question me semble légitime .


Amitiés arctiques
Lablonde
www.espacealouer.com
Directrice de location de salle
Tel : 091 45 12 

Envoyé de mon iPhone (tellement énervée que des mots jaillissent intempestivement).



De : Labrune@souflesataniqueparlesnarines.org
À : Lablonde@espaceetprestationspersonnellesafacturer.com
Le 5 septembre 2014 à 09:12, Labrune <Labrune@egosacresouffledivin.org> perd le contrôle:


Coucou

Je voudrais que notre relation reste cordiale, mais je ne peux pas accepter il est inacceptable ta demande non légitime. Comment peut-tu me demander de payer une réparation dse ton ordi dont tu aurais de toutes façons du le faire pour continuer à travailler? Annoncer mon séminaire sur ton site est la moindre des choses gratuites.

J’ai une participante grâce à toi et je t en remercie, et pas mal de gens intérésser, mais personne ne s’est encore inscprit. Quand penses-tu mettre mon annonce sur ton site?



Amour, éclairs et éruption
Labrune
www.egosacresouffledivin.org
Labrune Hautbranchee, coach universelle




De : Lablonde@gogosaplumer.com
À : Labrune@adeuxdoigtsdelacrisedenerfs.org
Le 5 septembre 2014 à 09:07, Lablonde <Lablonde@espacealouer.com> monte les tours:


J ai travaille et travaille encore sur le site avec un technicien  a distance et ce n est malheureusement toujours pas résolu (c’est surtout le technicien qui travaille).

Ensuite , apreès ton insistence, j ai écrit sur le champ a un autre monsieur qui ma déjà A aide avec le site . Évidemment que je n aurais pas fait cette demande de partage des 60 sfr si les choses prenaient la première tournure . Vu que mes efforts ont aussi porte leur fruits et que tu a trouve des clients aussi grâce a cela , je pensais qu on pouvait s imaginer cette solution . 

Bref , j entends que ce n est pas le cas et c est ainsi '

Bon we


Amitiés croygéniques
Lablonde
www.espacealouer.com
Directrice de location de salle
Tel : 091 45 12 



De : Labrune@respireparleventre.org
À : Lablonde@essayépasmarché.com
Le 6 septembre 2014 à 11:14, Labrune <Labrune@egosacresouffledivin.org> calmée après une bonne nuit de sommeil:


Lablonde,

Merci pour tes efforts, j’ai une personne en session privée grâce a toi. Je renonce à louer la salle chez toi car je n’ai pas assez de participants.

J’ai envoyé aussi beaucoup de flyer avec ton site en référence et j'espère que cela portera aussi ces fruits pour des futurs intervenants dans ton Espace qui est très beau (pas vrai).

Tout bon week end



Amour, gloire et beauté
Labrune
www.egosacresouffledivin.org
Labrune Hautbranchee, coach universelle