lundi 11 avril 2016

Tour guidé de l'hôtel

Juste pour vous faire baver un peu...

Après avoir rangé mes affaires et pris un copieux petit déjeuner, je me promène alentour. Je reconnaissais certains du groupe grâce à leur photo Facebook et je passe l'après-midi en maillot de bain sur un transat après trempette dans la piscine. Je prends une première couche de bronzage qui me donne meilleure mine. Je me trouvais une apparence de malade. Voilà, le plus urgent est fait.

Hier soir, nous avons eu le souper de bienvenue du stage. Excellent, joyeux, convivial. J'ai commencé avec un Maï Taï, cocktail typique, avec du rhum, de l'orgeat, du citron vert, fabriqué devant nous par un très bel hawaïen qui raconte des trucs super intéressants sur le pays, tout comme le responsable de la clientèle tout à l'heure. C'est dommage que je n'ai pas le plein usage de mon cerveau (jetlag plus rhum!) car je n'imprime pas les informations sur le disque dur. Je me ferai répéter les choses plus tard, c'était vraiment intéressant.









Une vahiné de passage










Valse manta

Après un petit déjeuner de rêve sur la terrasse du restaurant avec vue sur la baie, c’est la première session du stage, de 9h à 13h. L’ambiance est parfaite, je vis un moment délicieux. Tous ces gens sont gentils, bienveillants, nous sommes rassemblés par le même désir de vivre ensemble harmonieusement.

Difficile de résumer succintement la session, c’est un vaste sujet que j’étudie de longue date. Cela dit, je précise que ce sont des séances de channeling et que l’entité qui vient faire sa conférence est Adamus, un aspect du maître ascensionné Saint-Germain. Ce nom me poursuit depuis des âges. Je me souviens encore avec acuité d’une série tv que j’avais vue quand je devais avoir une douzaine d’années: Joseph Balsamo, avec Jean Marais. Par la suite, je n’ai cessé d’être accrochée par ces personnages mystérieux comme les alchmistes, et je ne me rappelle plus comment je suis tombée sur Saint-Germain qui m’a attirée plus que les autres. Quand j’ai suivi ma formation Shamballa, rebelote, c’était encore avec l’énergie et les connaissances de Saint-Germain. Un jour, j’ai entendu parler de la flamme violette, bam, Saint-Germain encore et toujours, je ne fais pas exprès.

Geoffrey Hoppe a d’abord canalisé une entité qui s’appelle Tobias. Il canalise Adamus Saint-Germain depuis six ans et ça doit être à ce moment-là que j’ai trouvé le site du Crimson Circle sur internet. Ils diffusent une video mensuelle de channeling, c’est un rendez-vous que je ne manque pas, toujours en phase avec mon cheminement personnel, souvent répondant à des questionnements du moment. Depuis le temps, vous me connaissez, j’aime creuser dans les mystères de la vie, il y a tant de questions sans réponses. C’est mon dada.

Donc voici mon premier contact en vrai avec Adamus. Je suis un peu impressionnée, je dois dire, comme la première fois qu’on va voir son chanteur préféré et qu’on se trouve au premier rang. Ça ne dure pas longtemps, l’ambiance dans la salle est si douce que je ne peux que me peletonner dans les bras d’une famille d’âme enfin retrouvée. Je suis entre Susan et Roger qui m’ont mise là comme une fille entre ses parents. J’ai eu avec ces deux-là un contact instantanné incroyablement doux, joyeux et profond. Ils sont de Minneapolis et je ne peux m’empêcher de penser que c’est rigolo, tout de même, que mon vol dérouté m’ait fait passer par Minneapolis, une ville dont j’ignorais juqu’à la position géographique. Quelle sorte de coïncidence?

Juste avant de canaliser, Geoff nous dit que ce matin, il a choisi de se mettre en short, nous sommes à Hawaii, après tout, mais il sait cependant qu’Adamus ne va pas aimer, lui qui préfère les beaux habits, la cravate.

Le premier éclat de rire collectif écate quand une participante qui vient de répondre à une question fait remarquer à Adamus que le short lui va très bien. Il fait une pause silencieuse et dit: «Je n’aborderai même pas ce sujet!…» Puis il dit que Geoff ressemble à un boyscout et passe à autre chose avec ce franc parler que j’aime particulièrement chez lui.

Après la session, nous nous retrouvons à neuf sur la terrasse d’un petit restaurant à l’extérieur de l’hôtel devant un petit embarcadère. Je mange un fish and chips délicieux, mais je goûte chez ma voisine un avocat frit garni de petites sauces piquantes qui est tout à fait étonnant. Puis, je sens que j’ai besoin d’une sieste. Avec Esmeralda et Christina, nous nous sommes incrites à une excursion en fin de journée à la rencontre des raies mantas. Je mets un réveil pour ne pas manquer le rendez-vous.

La sonnerie me sort d’un sommeil profond, et je réitère le spasme intestinal. J’ai de la peine à me rassembler et je suis tellement décalquée qu’arrivée au petit débarcadère à côté duquel nous étions tout à l’heure, j’hésite à faire demi-tour. Trop tard, Danielle, l’animatrice, nous accueille avec tant de chaleur que j’explique à mon estomac qu’il fera sa mijaurée plus tard. Il est 19h, la nuit vient de tomber. Notre groupe de six touristes embarque sur un canot typique hawaiien. On nous a fourni des palmes, un tuba et une veste de plongée. On nous explique comment mettre le tuba, comment descendre dans l’eau avec les palmes. Il fait doux, j’oublie mon ventre. Danielle nous explique que nous allons ensuite nous accrocher tous les six aux poignées d’une planche flottante et rester allongés pour «ressembler à un papier qui flotte à la surface de l’eau». Alors les raies viendront nous dire bonjour. Nous arrivons près d’autres bâteaux qui sont déjà là, plusieurs grappes de touristes déjà accrochés aux planches, l’eau éclairée par de gros projecteurs. Nous sommes à une quarantaine de mètres au large de l’hôtel, nous pouvons apercevoir le restaurant panoramique.

J’avais récemment développé une petite peur de nager là où je n’ai pas mon fond, je n’y pense même pas! D’abord, ce n’est même pas de la natation, c’est du pataugeage. La frite est sous mes bras et fait office de bouée le temps de rejoindre la planche. J’ai quelques secondes d’hyperventilation, le temps de me souvenir comment on respire dans un tuba et puis je plonge la tête dans l’eau après avoir passé la frite sous mes chevilles pour maintenir mes jambes à l’horizontale. Je me sens effectivement flotter comme un papier, c’est super génial. Je vois des petites algues argentées qui brillent sous les projecteur et le reste est noir. J’ai les oreilles dans l’eau, je n’entends plus rien du brouhaha de la surface, je me détends complètement.

Je vois soudain une raie à deux mètres de moi. C’est féérique. La lumière lui fait des zones luminescentes dans des dégradés de gris métallique irisés, on dirait un dessin animé. Elle glisse puissamment pour faire un looping en ma direction, me présente son ventre blanc nacré sur lequel est accroché un poisson d’une vingtaine de centimères et passe à deux centimètres du mien. Je peux voir tous les détails de son corps. Je ne peux même pas raconter ce que je ressens, c’est magique! Mon coeur explose d’un sentiment multiple: il y a de la joie, de la surprise, de l’amour, si je pouvais, je hurlerais de bonheur!

La raie me gratifie ainsi personnellement de trois ou quatre loopings, une danse intime dont je me sens honorée. Il me semble que je l'entends chanter. Je ne peux lui répondre qu’avec cette vibration qui sort de mon coeur, car on nous a bien expliqué de ne surtout pas les toucher. Elles ont sur la peau une couche protectrice huileuse qui est détruite au contact. Je passe encore dix minutes extatiques tandis que les raies vont et viennent autour de nous, ballet entrecoupé d’un intermède avec un banc de petits poissons. Danielle nous donne plein d’explications sur ces géants marins, bref, c’est de la vraie vie tout ça.

Et soudain, mon estomac se manifeste. Avec le balancement de la houle, il m’indique soudain que l’extase est finie. Je suis en train de lamentablement vomir mon fish and chips. J’essaye de tenir le coup, mais vraiment, mon corps n’en peut plus et je vous épargne les détails. Je retourne au canot avec l’aide de Danielle. La séance tire à sa fin, nous venons de passer trois quarts d’heure dans cette salle de bal d’un genre vraiment particulier.

Arrivée à la chambre, je prends une douche rapide et je me couche. Je me jure de faire gaffe à ce que je mange dès cette minute. Plus jamais d’exagération, plus de test, mon corps, décidément, me réclame une diète saine: dont acte!

Il est minuit quand je me réveille, tout va bien. Je me refais alors le film de ces moments intenses, ce furent des minutes de paradis. Non mais vraiment, les gens… pourquoi ne vit-on pas tous les jours ainsi? Je pose mentalement ce que je viens de vivre à côté de l’image de mon bureau dans le service de facturation… Je vous adore, les filles, mais à choisir, y’a pas photo, je choisis les raies manta — malgré l’indigestion.

Comme je ne retrouve pas le sommeil, je m’installe sur le balcon et j’écris cet article, caressée par les alizés de la nuit. Il doit faire 25 ou 26 degrés, l’air sent bon l’iode. Ce n’est le deuxième jour de mon séjour dans l’île et je me sens pleine.

Il est 2h30, je vais aller dormir encore un peu.
J’aime ma vie!

Liens vers quelques images de raies manta pour vous donner une idée, mais qui ne font que pâlement illustrer ce que j'ai vécu.

http://soocurious.com/fr/wp-content/uploads/2014/09/bouche-raie-manta.jpg

http://beneath.cowblog.fr/images/raiemanta.jpg

http://www.aquaportail.com/modules/photoloader/photos/0708/Rems_1187603139_manta_japon.jpg








C'est quoi ce stage?

Pour répondre à la question, c'est ça :


Avec cette organisation-là : www.crimsoncircle.com

Des gens que je suis depuis 2010 et qui me font du bien. Je vous raconte dans cinq minutes, parce qu'on vient de terminer la première journée, que j'ai besoin d'un petit moment pour intégrer et que j'ai faim, et qu'il y a des gens super avec qui on va marcher jusqu'à un petit restaurant. 

A+

samedi 9 avril 2016

Arrivée à bon port après 48 heures de voyage

Le vol pour Minneapolis s’est super bien passé. Il fait jour depuis longtemps et j’ai perdu le repère de mon horloge interne, d’autant que dans les avions, on nous sert à manger n’importe quoi et n’importe quand. Je ne sais même plus si j’ai faim, j’avale uniquement ce qui me fait envie.



Les menus de ce restaurant à Minneapolis sont sur iPad.

Au départ de Minneapolis, il y un magnifique coucher de soleil avec son reflet dans la baie vitrée du terminal en face. Pour autant, il ne va pas faire nuit puisque nous volons en direction du soleil.




Je m'interroge sur la signification de ce signe.
«Réacteur interdit aux humains»?


Je suis en train de dormir profondément quand le capitaine prend le micro et annonce que nous commençons la descente vers Los Angeles. Il me réveille en sursaut et un drôle de spasme me secoue le ventre. Le spasme va durer toute la nuit. Comme s’il n’y avait pas déjà assez comme ça! Du coup, je n’avale plus rien d'autre que de l’eau, c’est la seule façon de limiter les dégâts.

Nous arrivons à Los Angeles à 21h, heure locale, ce qui fait 6h du matin «demain» à Genève. Nous prenons déjà notre carte d’embarquement pour le prochain vol, et nous bivouaquons sur les banquettes de l’aéroport. La préposée du desk de United Airlines nous propose même un oreiller et des couvertures. Inutile de dire que la nuit est peu confortable, d’autant qu’un enregistrement du haut parleur va nous seriner toutes les 10 minutes avec un bon paquet des décibels de faire attention à nos sacs, que si on les trouve tous seuls, ils vont être «cassés et peut-être même détruits». La nuit est longue et étrange dans cet aéroport fermé qui ne dort pas vraiment.

La première échope ouvre à 4h du matin, nous nous précipitons pour un café et un méchant plat qui est censé passer pour un breafast. C'est un sandwich infâme, une sorte de spongieux panini qui contient ce qui, sur la carte, semblait drôlement appétissant. La junk food américaine avec entre autres le cheddar, un fromage préparé à base de je n’ose pas me demander quoi. Ça ressemble à un morceau de plastic carré orange, ça a la consistance d’une éponge et le goût d’un fromage fade. J'y rajoute du ketchup, ça fait passer le tout. Ça me rappelle de vieux souvenirs des alentours de 1978 quand j’ai passé un an au Canada.

Et puis c'est l'embarquement pour les îles. Surprise, je vois enfin l'extérieur depuis le hublot, il pleut très fort, et je donnerais n’importe quoi pour pouvoir respirer de l’oxygène frais qui sentirait bon la pluie. Une quarantaine d’heures que nous sommes confinées dans les couloirs de la planète Aéroports, un monde à part où l’air est partout conditionné. Tiens bon, ma petite, encore 5h40 de vol, et tu y es.

Il pleut à Los Angeles malgré la chanson qu'il «ne pleut jamais en Californie».
Nous n’avons pas encore décollé que le steward annonce que le vol est pratiquement vide et que nous pouvons prendre nos aises. Mes deux voisines se précipitent sur une autre rangée et les trois sièges se transforment en banquette dès que je relève les accoudoirs. Je m’installe un bivouac de rêve et je grimace un peu quand j’aperçois le bébé dans les bras d’une maman devant moi. En vain, la grimace, car le bambin va dormir tout du long, on ne l’entendra pas. Un petit ange! Je peux enfin dormir correctement.

En route pour la traversée du Pacifique
Après plusieurs heures d'un bon sommeil parfois tout de même entrecoupé par l'activité ambiante,
Big Island Hawaii est en vue.








Impressionnante géologie que cette île volcanique dont le sol est noir partout.

C'est pas possible, nous allons atterrir sur la lave!

Non, ouf, le tarmac est tout ce qu'il y a de plus normal

Et le terminal international présente tout l'exotisme des îles

Mais nous ne sommes pas au bout de nos tracas, hélas, ce serait vraiment trop simple! A l’arrivée des bagages, nous regardons passer le carrousel pour finir par constater que nos valises n’ont pas suivi. Bien trop fatiguées pour ressentir quoi que soit, nous balbutions tout de même que hé, ho, là-haut, ça commence à bien faire, les tracasseries.

La fille du desk est charmante, elle trouve facilement la trace de nos valises et nous annonce qu’elles viennent d’arriver à Honolulu. Si tout va bien, elles prennent le vol qui arrive à 13h. Il est midi, nous pouvons peut-être tenter le coup de les attendre. Dans la conversation, elle fait allusion au «hawaian time» et ça me rappelle l’indian time. Le fuseau horaire des tropiques… Nous décidons de ne pas nous bercer d'illusion, et comme de toute façon, ils vont nous les livrer à l'hôtel, voyons le bon côté des choses, nous n'avons pas à nous les trimballer jusqu'à la voiture que Christina a louée et nous nous rendons à l’hôtel, non sans avoir pris le temps pour Christina de savourer une cigarette longtemps désirée.






Ça commence très fort!


Départ de Cointrin, Genève
N’avais-je pas dit à qui voulait l’entendre, les jours précédents mon départ, que ma peur n’était pas celle de l’avion mais de rater l’avion?

Ça, c’est fait!

Tout avait pourtant très bien commencé. J’ai très mal dormi la nuit de jeudi à vendredi, normal. Réveillée vers 2h30, je n’ai pas réussi à me rendormir. J’ai somnolé un moment et puis à 4h et des minutes, je me suis fait un bon petit café avec une tartine.

J’ai pris le bus dès potron-minet et suis arrivée à l’aéroport à 6h15, soit deux heures trois quart avant le départ du vol. J'avais de la marge, mais j'étais rassurée. À 6h30, j’avais enregistré mon bagage et c’est un peu plus tard que Christina m’a rejointe, tôt, elle aussi un peu stressée au moment du départ.



À partir de là, tout est très bien allé. Contrôle des passeports, ouvrir les sacs, sortir les liquides d’un côté, l’informatique de l’autre, puis le transit et hop, l’embarquement. Un vol Genève-Amsterdam sans encombres, les vacances s’annonçaient bien.

Dans le port...
d'Amsterdam
Atterrissage à Amsterdam en douceur, ça prend des plombes à rouler sur le tarmac pour rejoindre le terminal. À un moment, la piste passe par-dessus l’autoroute. Intéressante expérience. Juste après, on double pratiquement un autre avion. Je suis en mode observation de l’insolite et je m’amuse beaucoup.

Doubler un autre avion
Nous avons le temps, il est 11h et le vol pour Seattle est à 12h50. En transit, nous nous offrons un petit café et une pause cigarette pour Christina. C’est que de nos jours, c’est compliqué de fumer. Elle a droit à une cabine en verre d’une contenance de 18 personnes dans laquelle 13 personnes sont déjà en train de tirer sur leur cigarette. Elle tire trois bouffées sur la sienne et revient avec l’impression d’avoir fumé un paquet entier, et son pull aussi.

Nous nous dirigeons tranquillement vers la gate D1 où notre vol est annoncé. Avant cela, surprise, il y a un contrôle de sécurité et une énorme foule devant. Gasp…. Une colonne est réservée aux «vols affichés sur ce tableau» et ça nous prend 5 minutes pour voir que le nôtre y est. Ce sont ceux qui vont partir imminemment. C’est qu’effectivement, l’heure approche. Il est presque 12h15. Il nous faut encore un quart d’heure pour passer le contrôle et nous arrivons à la gate D1. Une hôtesse nous dit que l’embarquement est terminé. QUOI ? Oui, parfaitement, on embarque une demi-heure avant le départ du vol. Néanmoins, elle nous conseille de nous précipiter vers la gate D2 pour «voir s’ils sont encore là». Deux hôtesses et un monsieur balaise nous disent que non, c’est raté. C’est tout juste si on ne pleure pas, mais il nous explique que nos bagages ont déjà été retirés de la soute, donc, même s'il le voulait, lui, c’est cuit.

Grand moment de suspension dans le vide.
Non, mais non, c’est pas possible, ça démarrait si bien!
Ben si. Je viens de rater le premier avion de ma vie. Ça manquait sur la liste des trucs à raconter à ses petits-enfants.

La suite est prévisible, nous faisons une nouvelle réservation. L’avion, c’est pas le bus, et d’Amsterdam à Hawaii, ce n’est pas direct, ni toutes les heures. Impossible dès lors de ne pas rater le vol pour Kona à 17h. Nous finissons par obtenir un Amsterdam-Minneapolis qui décolle à 15h10 pour prendre un Minneapolis-Los Angeles à 19h30 où nous arriverons vers 21h.

Aéroport de Minneapolis.
Grâce à la technologie moderne,
les menus de ce restaurant sont sur iPad.

Il faudra passer la nuit à Los Angeles pour prendre un vol pour Kona samedi matin à 9h et arriver à destination une quinzaine d’heures plus tard que prévu.

Ceci étant réglé au mieux, d’autant que non seulement cette nouvelle réservation n’est pas facturée, — l’aéroport assumant les difficultés du contrôle de sécurité — mais pour le même prix, je bénéficie d’une place «confort economy» où il y a un peu plus de place pour les jambes. Nous décidons de positiver un maximum et nous nous convainquons qu’il y a quelque part une excellente raison à cet événement. L’avenir nous le dira.

L’avenir m’offre tout de suite un moment d’anthologie. C’est que cette fameuse gate D1 n’est pas une porte d’embarquement, c’est — encore — un contrôle en vue d’arriver aux USA. Je ne m’y attends pas du tout, et je donne ma carte d’embarquement comme juste avant de monter dans l'avion. S’ensuit le dialogue suivant avec un homme plutôt charmant mais d’un premier abord ambigu.

Christina est à côté de moi et elle se dirige vers le comptoir suivant qui est libre, histoire de gagner du temps. Le monsieur ambigu me demande ce qu’elle fait et si nous sommes ensemble. Je dis oui, je ne sais pas, il lève les yeux au ciel, je modère mes réactions, je préfère ne pas plaisanter avec la parano des Américains. Même si ce monsieur est sûrement pas hollandais…

— Contrôle du sac.
— ???
— Est-ce que ce sac est à vous?

J’ai un gros sac en bandoulière qui contient de quoi survivre à un voyage de 22 heures, dont mon informatique et tous mes trucs de fille. La question me semble particulièrement idiote. Néanmoins, je réponds tout à fait poliment.

— Oui.
— Vous l’avez fait où ?
— ????
— Où avez-vous fait ce sac?
— À Genève.
— Oui, mais où ?
— Je ne comprends pas votre question…
— Où vous êtes-vous réveillée ce matin?
— À Genève, en Suisse. Je viens de Suisse.
— Oui, mais c’est quoi, Genève, c’est l’univers? La galaxie?

Non seulement il est ambigu, mais je commence à penser qu’il est complètement fou. Ou c’est moi. Il est néanmoins détendu et il sourit, même s’il s’impatiente un peu; n’empêche que je commence à flipper grave, je ne COMPRENDS RIEN à ce que je suis en train de vivre. Après avoir répété le dialogue ci-dessus encore une ou deux fois avec des variantes, il prend une grande inspiration et me redemande où je me suis réveillée ce matin.

— À Genève
— C’est quoi, Genève, pour vous?
— La maison...? («Home»)

Il lève les yeux au ciel en signe de victoire, car j’ai enfin prononcé le mot magique.
MAIS IL FALLAIT ME DIRE QUE C’ETAIT UN JEU ET QUE JE DEVAIS DEVINER LE MOT JUSTE!!!!

Maintenant que j’ai compris à quoi on jouait, ça se passe mieux :

— C’est vous qui avez fait votre sac?
— Oui.

«Non, c’est ma mère. À mon âge, je ne sais pas encore faire…»
«Arrêêêête!»

— Et vous êtes venue comment à l’aéroport?
— En bus.

«Il veut mon numéro de culotte aussi? C’est quoi ces questions?»
«Ta gueule, Patricia, je t’en supllie, ne dis rien!!!!!»

— Et vous l’avez toujours eu sur vous depuis votre départ?

Je mets une demi-seconde à chercher à comprendre la question.

«Cherche pas, réponds sans réfléchir!»

— Oui.
— Personne ne vous rien offert?

Lààà, je commence à comprendre. Le monsieur ambigu veut savoir si y’aurait pas un vilain terroriste qui m’aurait glissé une arme dans mon sac pendant un moment d’inattention ou en m’offrant une grosse boîte de chocolats que j’aurais acceptée, bien sûr, quoi de plus normal de la part d’un inconnu bronzé avec une grosse moustache et une serpillère sur la tête que de m’offrir des chocolats à 6h30 du matin, boîte que je n’aurais pas ouverte tout de suite, disons que je l’aurais gardée pour plus tard, et là, surprise, sans que je ne m’en doute une seconde avant qu’un ambigu ne me pose la question, on se rendrait compte qu’il aurait une kalachnikov dedans ou une bombe…

J’hésite à dire que Christina, la dame bizarre qui vient de changer de colonne, m’a gardé mon sac pendant que j’allais faire pipi, mais l’état-major ordonne sèchement «NON. Tu déconneras plus tard sur ton blog si tu veux, mais pour l’instant, tu te la coinces».

Je sais que mon état-major a raison et j’obtempère, tout en souriant, parce qu’on commence à bien s’amuser avec le monsieur ambigu…

— Non, personne ne m’a rien donné.

Il est content, il a toutes ses réponses. Il me colle un joli petit auto-collant bleu sur le passeport, me tend un ticket avec le numéro de la porte d’embarquement:

— La porte d’embarquement se trouve quelque part dans cet aéroport, me lance-t-il.
— Parfait, je trouverai bien. J’ai déjà manqué un avion, je peux bien en manquer un autre.

On rigole et il me souhaite bon voyage et bonne chance après avoir tout de même précisé gentiment la direction de la gate D51, à l’autre bout de l’aéroport, bien sûr.

Là, il y a un wifi gratuit que j’utilise pour avertir l’hôtel et Esmeralda, la fille avec qui je vais partager la chambre, de notre retard.

Et puis la vie reprend son cours. Dans la queue pour embarquer, on rencontre Maureen, une américaine super sympa qui a été aussi déroutée que nous par la D1. Ça nous a rassurées, avec Christina. C'est pas seulement nous.

J’écris cet article alors que nous sommes quelque part au-dessus de l'atlantique et que ça secoue. Je pense à Audrey, à qui je disais hier que j’adore l’avion, sauf quand ça secoue, et qui me répondait qu’elle, elle adore.

— Je me crois sur les montagnes russes.

On peut le voir comme ça.

Faudra que j’en parle à Evelyne. Mais je crois qu’elle n’aime pas non plus les montagnes russes.

En forme d’épilogue, je signale encore que j’ai fermement déclaré à Christina qu’elle fait ce qu’elle veut, mais moi, il n’est pas question pour moi d’attendre le vol pour Kona ailleurs que devant la porte d’embarquement. Je passe la nuit dans l'aéroport de Los Angeles, je m’en fous!

Coucher de soleil au départ de Minneapolis

Je ne peux m'empêcher de me questionner sur la signification de signe...
«Réacteur interdit aux humains»?


Il pleut à Los Angeles en dépit de la chanson qui dit qu'il ne pleut jamais en Californie











































dimanche 3 avril 2016

J-5

Une sinusite véhémente m'a pris la tête dimanche dernier. Mardi, alors que je me promenais au bord d'une rivière, j'enjambe un tronc en travers du chemin, je ne lève pas assez la jambe et je me vautre violemment à plat ventre. Je me tape le poignet sur une racine et me fait un hématome d'anthologie. Pour couronner le tout, depuis hier, je présente — comme on dit en langage médical — une cystite.



Mais qu'est-ce c'est que ça veut donc dire???

Le moral un peu abattu par ces tracasseries corporelles, j'honore tout de même la visite chez mes amis en terre fribourgeoise, histoire de remonter un peu ledit moral et de me changer les idées. Au retour, les idées rafraîchies et la forme légèrement meilleure, je rate un train à quelques minutes. J'ai une demi-heure avant le suivant, j'en profite pour m'enfiler dans le drugstore et j'achète de l'anti-moustique, de l'écran solaire et de l'huile de monoï après-solaire «pour Hawaii». Voilà qui fait circuler un frisson de réjouissance à la surface de ma peau à l'idée du bain de soleil dans lequel je vais plonger dans une semaine. Ça recommence à sourire à l'intérieur.

Je décide de faire confiance à mon corps, je lui laisse jusqu'à jeudi soir pour se remettre d'aplomb. Pas question d'embarquer vendredi autrement qu'avec vitalité et enthousiasme. Les mal-a-dit, c'est avant. Pas pendant.

Ce matin, après une bonne nuit de sommeil, je me réveille en bonne forme.
Dommage, c'est encore un peu tôt pour faire ma valise, mais si je m'écoutais...






dimanche 21 février 2016

Voyage à Hawaï

Un vrai voyage pour de vrai, avec de l'avion, loin, au soleil.

Hawaï, j'en rêvais depuis longtemps. C'est l'un des endroits de la planète que je m'étais promise d'aller voir avant de la quitter. Ce sera chose faite en avril prochain.

Je cumule le plaisir d'un stage avec des gens «de même esprit» comme disent les Anglais. Il y sera question de conscience vs intellect et de trame de l'univers. Tout ce que mon cerveau hyperactif aime.

Mais surtout, la clique est composée de joyeux lurons qui aiment la vie et ses bonnes choses, on va s'amuser, c'est certain.

L'hébergement: le Sheraton de Kona, Big Island, excusez du peu. Je vais me faire une semaine de princesse, je pourrai également rayer cela de ma liste des choses à faire avant de me dématérialiser.

Et bien sûr, check aussi: nager avec les dauphins.

Nous sommes le 21 février et je réveille déjà le blog, tellement je me réjouis.