mercredi 20 avril 2016

Journée détente

Rien de spécial prévu au programme ce jour. Après un brunch pendant lequel nous continuons à refaire le monde, Alexandra et Mary Beth se rendent à leur rendez-vous au spa pour un massage.

Bain soleil, boisson fraîche, surf sur internet, petite sieste, bref, la journée type de vacances qui se termine avec encore un coucher de soleil à couper le souffle. Ça en devient presque banal.











mardi 19 avril 2016

Volcan Kilauea en activité

Aujourd’hui, c’est volcan!

Matinée paresseuse avec du soleil. Nous nous mettons en route vers midi pour faire un petit quart du tour de l’île en direction du sud et rejoindre le volcan Kilauea dans le parc national des volcans. Nous grimpons assez vite en altitude et rencontrons la pluie. Le paysage change totalement de la côte, c’est magnifique. Par moments, on dirait la garrigue provençale, puis, avec la brume, c’est une lande écossaise. Plus loin, des arbres magnifiques nous font penser que nous sommes carrément sur une autre planète.







En chemin, nous nous arrêtons à une plantation de café, un peu configurée pour les touristes, mais dont la visite est super intéressante. Ils ont gardé les locaux comme à l’époque et exploitent toujours le café.

Fleur de café
Graines de café



Moulin à café


Habitat à l'ancienne encore usité juste après la dernière guerre où on peut voir l'influence des migrants japonais


Sur ce journal d'époque, un article au sujet du 13e anniversaire de la Reine d'Angleterre


On nous explique que le riz était acheté par sacs de 50 kgs et la toile des sacs servait à tout: vêtement, torchons, tabliers et même cette toile d'isolation du plafond.

Pharmacie d'époque dans laquelle on trouve ...du mercurochrome.

Papaïer



Au centre d’accueil des visiteurs du parc national, nous avons droit à une mini conférence sur la géologie de l’île avec l’historique des éruptions. Il y a là une classe d’école primaire et tous les enfants sont fascinés par le discours joyeux et farceur du ranger de service. À la fin, il raconte que la lave circule sous nos pieds et que d’ailleurs, si vous touchez le sol, vous pouvez sentir qu’il est chaud. Vlan, tous les enfants à quatre pattes par terre pendant que le ranger murmure:

So easy. (Si facile)

Je plaisante avec un garçon à mes côtés.

Naaaan, it’s not true, he’s a liar. (Naaan, c’est pas vrai, c’est un menteur)

J’en profite pour apprendre que les éruptions majeures de ce volcan se produisent tous les deux cents ans et que la dernière est en retard. Elle peut donc arriver n’importe quand. Si elles sont dévastatrices — une video dans le hall nous en fait voir les ravages — elles ne le sont pas au point de tuer la population. Les coulées sont assez lentes, la dernière s’est arrêtée à 6 kilomères de Hilo, une ville importante. La population se préparait à évacuer, ce ne fut pas nécessaire. Chaque éruption laisse sa couche de lave qui refroidit, augmentant le poids de l’île qui va finir par s’engloutir. Mais on a le temps pour cela, ça devrait prendre encore quelques billions d’années. En attendant, il se peut que la partie sud se sépare du reste d’ici quelques centaines d’années.

Nous prenons un bout de la route scénique qui nous fait travers la forêt tropicale  — rain forrest, forêt de pluie, qui porte particulière bien son nom aujourd’hui qu’il pleut. Ça reste magnifique. Nous traversons un tunnel de lave, observons quelques cratères de lave refroidie, c’est magique et un peu oppressant. Le paysage est de grande désolation par endroits.





Tunnel de lave
Cratère de lave


Ce sol sous nos pieds qui semblent encore incandescent 

Nouveau signe d'interdiction...  Nouveau monde
Le volcan culmine à 1350m, la température a chuté de plusieurs degrés et nos petites laines sont les bienvenues.

En fin de journée, nous nous installons au restaurant panoramique avec vue sur le cratère principal en activité. Tu parles d’une activité: on voit un peu de fumée blanche se détacher du brouillard… Décevant. Ce qui ne l’est pas, c’est le repas. Le poisson hawaiien est un délice, je ne m’en lasse pas.












Le soleil se couche, la brume se lève et nous voyons mieux le cratère qui commence à rougir. Les photos ne rendent qu’un pâle reflet de la réalité, c’est un spectable assez magique, même si je m’attendais à vraiment voir de la lave en fusion. Pour cela, il faudrait approcher des bords du cratère, c’est assez loin et je ne suis même pas sûre que ce soit autorisé.

Nouvelle razzia sur la boutique de souvenir, pourquoi pas, et puis nous reprenons la route du retour. Nous arrivons sur la côte, il n’a pas plu une goutte et la température est à nouveau à  27° avec plein d’humidité. Contraste brutal.








lundi 18 avril 2016

Nager avec les dauphins

Ce matin, nous avons dauphins!

Départ à 7h pour embarquer à 8h sur un bateau. Nous sommes un groupe de onze personnes avec un capitaine (Dray) et deux accompagnateurs, Josh et Steven. Ambiance rigolotte dès le départ. Ça tombe bien, je suis à la fois excitée comme une gamine et un peu anxieuse. Le système digestif se comporte bien mais je sens les nausées pas loin. Ça me rassure, mes copines sont comme moi.






Nous faisons quelques encâblures au large de la côte et déjà, les premiers dauphins. Je suis assez fière d’arriver à les prendre en video. Puis nous chaussons nos palmes, masque et tuba, et hop, dans l’eau. Pas un problème d’y rentrer d’un coup — et pas moyen de faire sa mijaurée, d’ailleurs — l’eau est d’une température idéale. Je ne sais pas, elle doit faire 25 ou 26°. Je me démène un peu avec mon masque et mon tuba, ce n’est pas hyper pratique, ces trucs-là, et la dernière fois que j'ai fait du snorkling, j'avais dix ans.



Steven nous explique que le matin, dans cette baie, les dauphins dorment. Nous allons donc les approcher doucement, attendre qu’ils soient d’accord. S’ils ne le sont pas, ils descendent en profondeur ou s’en vont au large. Il nous explique qu’ils ne dorment qu’à moitié, littéralement, car ils doivent penser à aller respirer. L'hémisphère gauche de leur cerveau s'endort pendant que l’autre veille et les amène à la surface régulièrement. Puis c’est l’autre, et ainsi de suite.

L’équipage connaît le comportement des animaux et prévoient leurs mouvements. Première descente dans l’eau, les dauphins sont là, ainsi que quelques raies mantas. Hélas, je ne suis pas au bon moment au bon endroit, mais elles vont à la rencontre de Mary Berth. Nous passons la matinée à glisser dans l’eau, le plus discrètement possible histoire de ne pas les faire fuir, puis remonter dans le bateau, les suivre ou les devancer, et replonger.



Mary Beth

Alexandra. Happy or what?

Dray and Steven

Je ne les verrai jamais de très près, contrairement à d’autre qui les voient à deux mètres. A un moment, je suis tout à fait calme et ne fais presque aucun mouvement et je vois deux dauphins au-dessous de moi, à une douzaine de mètres. Je leur envoie un joyeux bonjour et je jurerais qu’ils me répondent. Je sais qu’ils n’approcheront pas, ils ne sont pas d’humeur joueuse, je crois qu’ils me le font savoir. Juste après, il y en a tout une colonie encore plus en profondeur que j’essaye de suivre mais qui me sèment très vite. Je suivrai un bon moment depuis le pont, c’est tout aussi réjouissant. Je les vois émerger puis replonger, parfois l’un ou l’autre fait une sortie plus nette ou montre sa queue.

Josh de son côté, joue avec un dauphin qui s’est approché. Ils font des pirouettes ensemble, mais ça ne dure pas très longtemps. D’autres ont droit à quelques brasses de concert, et le tout irradie d’une étrange joie. Comme si nous étions tous conscients, humains et dauphins, d’un dialogue vrai oublié qu’il serait bien de recréer. Pour ma part, je ne descends pas dans l’eau à chaque fois. J’ai un vague de mal de mer suivi d’un moment magique où, alors que j’observe la danse des nageurs et des dauphins depuis le pont, je me sens étroitement connectée avec la création. Je suis à la fois la mer, les animaux marins, moi et le reste de l’univers. Je vois la connection, je vois le «BON», cette trame de l’univers qui nous relie et qui est la manifestation de nos passions et de nos désirs. Ça a l’air de rien, comme ça, c’est juste une sortie en mer avec des dauphins un peu réticents, mais à y regarder de près, c’est un moment de pur BONheur, quand tout est en harmonie.

Nous avons droit à une douche d'eau douce


D’après Steven, c’est une bonne matinée. Les dauphins ont été calme et plutôt bons camarades. Il dit que c’est différent tous les jours. Parfois, c’est un incessant cache-cache, parfois ils ne sont carrément pas là. Nous avons eu de la chance. Rappelons que ce sont des dauphins sauvages et qu’après tout, nous sommes sur leur territoire. Merci de nous avoir accueillis, les amis. A refaire.

Sur le chemin du retour, un monsieur de notre équipage vient prendre nos adresses e-mail. Il a fait des videos avec une GoPro (caméra amphibie) et se propose de nous la partager. Josh et Steven ont aussi pris des photos qui nous sont offertes, que nous pourrons télécharger sur leur site d’ici quelques semaines.

Non mais, elle est pas belle, la vie?

De retour à la maison, nous mangeons de bon coeur, et puis c’est l’appel de la sieste. Je dors d’un étrange sommeil, mon corps flottant dans une drôle d’énergie. J’ai l’impression qu’il est scié d’avoir vécu un truc pareil. Bon, cette fois c’est bon, je suis définitivement tapée, mais je m’en fous. J’aime ça. D’ailleurs, ça se voit sur ma figure. Esmeralda prend ce selfie de nous deux, je me reconnais à peine. J’ai posé trente ans et des vies de stress.









dimanche 17 avril 2016

Dimanche, repos

Ce matin, je veux attraper en photo le lever du soleil, pour une fois. Je me pose devant la maison en attendant qu’il émerge de derrière la montagne. J’entends les oiseaux chanter, il fait doux, c’est un moment de grande sérénité. A un moment, un petit oiseau se pose sur la ligne blanche de la route, et il la suit en marchant. Je le filme, il est trop rigolo.

La maison d'en face





Notre maison


Facilement reconnaissable à la tortue sur la façade








Quand le soleil arrive, je prends une video de son apparition. C’est moyen en video, c’était magnifique en live. Z’avez remarqué? Ça — le lever et le coucher du soleil — et le feu est un spectacle dont l’humain de se lasse pas. Allumez un feu à côté d’une télévision, tout le monde va finir par regarder le feu.



Une journée tranquille, aujourd’hui, rien n’est prévu au programme. J’ai vraiment besoin d’un moment pour moi, pour ne rien faire. Intégrer tout ce qui vient de se passer.

Charmaine a contacté les filles, elle veut voir la plage où nous sommes allées. Alexandra et Mary Berth l’emmènent, tandis qu’Esmeralda descend à pied à la plage la plus proche. Je reste à la maison. Je fais du bronzing dans le jardin, un peu de tri dans les photos, du surf sur internet.

J’ai promis de préparer à manger pour le retour des autres. Quand Alexandra m’avise par sms qu’elles seront là dans dix minutes, je sors du frigo les restes de notre party. Pas très difficile à confectionner, comme repas, mais cependant apprécié et remercié par tout le monde. C'est si facile d'être bon les uns avec les autres, je n'arrête pas de me demander pourquoi on ne le fait pas tous.

Par sms toujours, Alexandra s’enquiert de savoir si Esmeralda est rentrée, pour la prendre en route si d’aventure… Elle vient de rentrer, ce n’est donc pas nécessaire, mais une fois de plus je mesure le confort de la technologie moderne.

C’est quand même drôlement bien, ça. Tout comme la possibilité de tchater en direct avec mon fils à 12 heures de décalage horaire. Ça rend la planète encore plus petite, et j’avoue que je suis contente de l’avoir connue quand elle était encore un peu cosmique. «De mon temps», histoire de radoter un peu, j’ai passé un an au Canada alors que la minute de téléphone coûtait 10 francs (10$) et que le courrier mettait une semaine à traverser l’Atlantique. Ça mettait une vraie distance qui procurait une expérience particulière de couper avec ce qu’on avait quitté. Je me souviens, un jour d'abondance financière et de mal du pays, j'avais appelé la maison. En entendant ma voix, ma mère avait demandé: «il s'est passé quelque chose?». Je l'avais rassurée. Juste envie de me rapprocher un peu.

Aujourd’hui, on est toujours en lien et jamais très loin. C’est à la fois super génial et peut-être un peu encombrant… Je ne sais pas.

Nous passons un lunch délicieux avec Charmaine, une canadienne de Colombie britannique. Puis Alexandra la ramène à l’hôtel et m’annonce que je les accompagne pour récupérer ma jaquette. En effet, hier, je me suis rendue compte qu’elle me manquait. J’ai cherché dans ma mémoire la dernière fois que je l’avais vue, et j’ai vraiment eu de la peine à m’en rappeler. Je l’avais portée pendant tout le voyage, le continent aéroport jouissant d’un climat plutôt froid et, bien sûr, je l’avais retirée dès notre sortie de l’avion. Avec les péripéties de nos bagages, je me dis que j’ai dû l’oublier dans une navette, ou…. ça me revient! Dans le coffre de la voiture de location de Christina!

Entre temps, Mary Beth m’a rendu le service d’appeler les objets trouvés de l’hôtel avec son téléphone domestique. Je n’ose pas imaginer le prix d’un appel avec mon natel suisse! Oui, ils ont une jaquette qui correspond à la description. Est-ce qu’elle est de marque Wannabee? Alors là… Peut-être bien… Il me semble qu’il y a une marque brodée sur le devant. En allant chercher Charmaine à l'hôtel ce matin, Alexandra avait pris une photo, j’avais fini par voir que c’était bien ma laine polaire.

Je la récupère donc au desk de l’hôtel, je la sors du plastique dans lequel ils l’avaient emballée et je m’étonne: ce n’est pas la mienne. Enfin, je ne la reconnais pas. Mais elle est plutôt bien, je vais la garder… Je l’enfile, j’ouvre les poches, j’y trouve un paquet de mouchoirs en papier de la Migros, j’ouvre de grands yeux. Quelles sont les chances que quelqu’un d’autre ait une veste qui ressemble furieusement à la mienne et qui possède des mouchoirs de marque suisse? Dans l’autre poche, je trouve mon petit inhalateur menthe eucalyptus que j’avais pris pour finir de lutter contre ma sinusite. Cette fois, plus de doutes, c’est bien la mienne, mais j’ai presque un vertige devant mes doutes. C’est un objet d’avant le stage qui n’a pas suivi le mouvement et qui dégage encore les vibrations de l’ancien. J’éclate de rire devant cette sensation complètement tapée que je ressens. Non mais il faut vraiment avoir un grain pour vivre un truc pareil.

Ou alors, je deviens sévèrement sénile.
Franchement, je préfère «sévèrement allumée» si ça ne dérange personne.

J'ajoute encore que finalement, pour rendre l'anecdote encore plus étrange, ma jaquette n'était pas dans le coffre de la voiture de Christina et que j'ignore totalement où j'ai pu la perdre.

Tout ça pour raconter que je ne passe pas de simples vacances carte postale au bout du monde, mais je vis une expérience intense, riche de sentiments et de sensations dont j’arrive à avoir conscience, et que cette richesse est inestimable. Par dessus-tout, j’ai rencontré des gens merveilleux, qui ont une âme et un coeur qu’ils affichent et qui les mènent. Je ne suis pas en train de dire que tout le monde il est beau et parfait, chacun a son caractère et ses travers, mais nous faisons là la magistrale démonstration qu’il est possible de vivre en bonne intelligence dès lors qu’on le décide.

Notre petit groupe de quatre, par exemple, s’est formé au feeling d’abord. Mary Beth a loué la maison qu’elle savait vouloir partager avec son amie Alexandra. Elle a prévu de la place pour deux colocataires, parce que c'est fun de partager à plusieurs, laissant le flux lui apporter selon son désir. Elle a fait sa proposition sur le groupe facebook à laquelle Esmeralda a tout de suite répondu positivement. J’ai été attirée, mais j’ai retenu mon impulsion. Je me connais, je décide des trucs sur un coup de tête, et ensuite, je n’ose pas changer d’avis. Cette fois, je vais d’abord rencontrer ces filles, et je verrai ensuite.

— Ouais, mais si quelqu’un d’autre prend la place? dit la petite voix.
— Ben c’est que ce n’est pas pour moi, répond la grande voix.

Pendant le stage, je croise Mary Beth et Alexandra et j’ai un bon feeling, mais je ne suis pas plus attirée que ça. Je crois que je n’ai pas envie de décider, c’est tout. Jeudi matin, je me décide enfin et le signale à Mary Beth par sms qui me répond «fantastic». Ce que je saurai plus tard, c’est que leur côté, elle s’étaient accordées la même latitude de choix. Une autre participante du stage est venue se proposer, mais sa décision n’était pas claire, elle n’a pas confirmé, Mary Beth n'a pas relancé, bref, ça ne s’est pas fait. Nous nous sommes donc réunies d’abord au feeling. C’est pas mal de le noter, parce que nous avons tous des antennes et nous ne les écoutons pas toujours, alors qu’elles sont généralement bonnes conseillères.

Ça marche si bien entre nous que Mary Beth a déclaré l’autre jour que «nous pourrions vivre ensemble». À ma grande surprise, je trouve qu’elle a raison. La recette est simple, il suffit d’oser être soi, se respecter et respecter les autres. Quand, alors que nous sommes sur la route du retour à la maison, Mary Beth demande dans la voiture si nous voulons aller au supermarché, je réponds posément:

— Absolutely not.

C’est bon, j’ai ma dose de shopping pour les deux ans à venir. Elle éclate de rire et déclare que c’est décidé, on va rentrer manger, on verra ensuite qui veut ressortir. Aussi simple, quand chacun est prêt à créer un flux commun qui convient à tous. Je ne sais pas si je pourrais/voudrais vivre tout le temps comme ça, je dis juste que c’est possible et que c’est même du grand bonheur.

Aloha !


Quelques videos pour plus de plaisir

Un labrador joyeux pendant la méditation au coucher du soleil


Marché aux puces devant l’hôtel



Deux videos spécialement pour mes collègues des Grangettes (grand sourire)