samedi 10 février 2018

Naissance

L'avion d'Hisako arrive à 9h20. Avant cela, nous avons prévu d'aller voir les dauphins et les baleines. Scott le réparateur nous a indiqué une baie où il est possible de les voir de la plage, c'est proche de l'aéroport. Nous nous levons tôt et embarquons Moishe et Maria Gabriela. Nous quittons l'autoroute et empruntons une route impossible à travers la lave. On se croirait sur la Lune. Mary Beth a voulu un SUV exprès pour cette route, sinon, il faut rouler au pas.



En arrivant sur la plage, un homme nous demande de ne pas aller plus loin. En effet, je viens d'apercevoir un gros animal que je n'arrive pas à identifier quand il mentione qu'il s'agit d'une phoque-moine qui vient d'avoir son petit. Il est en train de placer un cordon de sécurité. Sa collègue nous expliquera ensuite que ce n'est pas tant pour ne pas l'approcher que pour attirer l'attention des touristes sur le fait qu'elle est là. En effet, il arrive que les promeneurs ne voient pas l'animal avant d'être proches et quand elle rugit, ça peut faire peur. Sans compter les touristes idiots qui vont chercher à les carresser.


Mandala naturel

Maman Phoque Moine et son petit









Au moment de partir, le petit me fait signe de la nageoire


Nous apprenons qu'elle va rester là pendant six semaines à nourrir son petit, elle-même restant sans manger et perdant tout son poids. Effectivement, pour un phoque, elle est énorme. Tous deux iront dans l'eau quelques fois, jusqu'au moment où la mère s'en ira, le petit étant assez robuste pour la suivre. Dès ce moment-là, il se nourrira de lui-même. La gardienne nous apprend également qu'il y a une autre femelle prête à faire son petit, celui-ci étant le premier de l'année. C'est une espèce en danger de disparition, il y a une colonie de 1400 animaux qui vivent dans les îles. Ils sont donc protégés.

Nous n'aurons vu ni dauphins ni baleines, mais cette jolie rencontre aura valu notre déplacement. Sans compter la magnifique lumière du matin et la beauté de l'océan. Les vagues sont fortes ce matin, et la baignade n'est pas engageante. Nous ne sommes d'ailleurs pas venus pour cela.

















Nous avons le temps d'aller chercher un café avant l'atterrissage de l'avion d'Hisako. Grand bonheur de la retrouver, elle est ravie d'être de retour, tout s'est passé au mieux autour du départ de son père pour le monde blanc. Nous ramenons Maria Gabriela chez elle, puis rentrons. Moshe reprend sa voiture parquée devant chez nous pour rentrer chez lui à son tour, nous nous retrouverons plus tard. En effet, ce soir, c'est le dîner de bienvenue au stage.

Nous découvrons la villa Ahmyo pour la première fois autrement qu'en photos. C'est magnifique. C'est là qu'auront lieu un peu plus de stages désormais, permettant ainsi à Geoff et Linda de voyager moins. L'endroit est absolument idéal pour des stages d'une trentaine de personnes maximum.
On retrouve des amis, on fait de nouvelles connaissances. Encore un coucher de soleil à couper le souffle...















vendredi 9 février 2018

Confort total

Ce matin, Mary Beth se réveille avec la ferme intention que notre problème d'air conditionné soit résolu. Elle échange quelques sms avec Scott le réparateur et Lori la propriétaire et l'univers a bien compris le message, car nous avons un rendez-vous dans l'heure avec Scott muni de l'autorisation de réparer. ENFIN la température est constante et agréable dans la maison. Il en profite pour trouver le connecteur pour les jets de la baignoire, nous voilà totalement satisfaites, profitant de tout le confort promis.

Ç'aura été une semaine de rienfoutage total. Et sans complexes! Ça fait un bien fou. Je fignole le bronzage un peu tous les jours, je commence à me trouver bonne mine dans le miroir. Nous nous prélassons encore quelques heures avant d'aller chercher Maria Gabriela à l'aéroport en fin de journée. C'est une participante du stage, elle a appelé au secours il y a quelques jours: elle avait prévu de louer une voiture mais au moment de la prendre, elle s'est rendue compte qu'elle avait oublié son permis de conduire. Elle arrive de Kaui, une île voisine. Nous en profitons pour passer à l'agence de location de voiture afin d'y enregistrer mon permis de conduire, pour que je puisse, moi aussi, prendre la voiture à l'occasion. Sur le parking, un coq magnifique:



Moishe nous rejoint plus tard au Samchoy, un restaurant panoramique où nous soupons. Nous retrouvons là à grands cris de joie Alexandra et deux autres participantes du stage.

Puis nous ramenons Maria Gabriela à son Air BnB et nous rentrons nous coucher.

Coucher de soleil...

Devant chez Maria Gabriela

Un spectacle différent chaque soir


jeudi 8 février 2018

Nonchalance

Bon, ben je ne vais pas faire semblant, rien à dire au sujet de la journée. Nous avons traîné, profité du soleil, travaillé un peu à nos obligations respectives. Moi, j'ai surtout travaillé le bronzage.



L'air conditionné est toujours en panne, le réparateur attend le OK de la propriétaire pour faire les réparations, n'importe comment il est occupée toute la journée et ne pourra venir que demain, et nous, nous gérons toujours la température à l'ancienne à conserver la fraîcheur dans la maison le plus longtemps possible. Il fait un peu étouffant dans l'après-midi, mais juste pas assez pour rendre la chose désagréable.

Nous sortons au crépuscule sous le prétexte de faire des courses mais plus réellement pour sortir et renconter la civilisation. De fait, nous croisons un couple qui vient d'arriver et qui participe au même stage que nous.

Retour à la maison, souper devant la télé devant un bon film. Après tout, les vacances, c'est aussi ça.




Confort total

Ce matin, Mary Beth se réveille avec la ferme intention que notre problème d'air conditionné soit résolu. Elle échange quelques sms avec Scott le réparateur et Lori la propriétaire et l'univers a bien compris le message, car nous avons un rendez-vous dans l'heure avec Scott muni de l'autorisation de réparer. ENFIN la température est constante et agréable dans la maison. Il en profite pour trouver le connecteur pour les jets de la baignoire, nous voilà totalement satisfaites, profitant de tout le confort promis.

Ç'aura été une semaine de rienfoutage total. Et sans complexes! Ça fait un bien fou. Je fignole le bronzage un peu tous les jours, je commence à me trouver bonne mine dans le miroir. Nous nous prélassons encore quelques heures avant d'aller chercher Maria Gabriela à l'aéroport en fin de journée.  C'est une participante du stage, elle a appelé au secours il y a quelques jours: elle avait prévu de louer une voiture mais au moment de la prendre, elle s'est rendue compte qu'elle avait oublié son permis de conduire. Elle arrive de Kaui, une île voisine. Moishe nous rejoint plus tard au Samchoy, un restaurant panoramique où nous soupons. Nous retrouvons là à grands cris de joie Alexandra et deux autres participantes du stage.

Puis nous ramenons Maria Gabriela à son Air BnB et nous rentrons nous coucher.

Coucher de soleil du jour...

...devant chez Maria Gabriela

Un spectacle différent chaque jour


mercredi 7 février 2018

La Haie

J'ai un gros truc sur l'estomac dont il faut que je parle. La Haie.

Nous logeons, je l'ai déjà dit, dans une maison Air BnB réservée depuis chez nous sur photos. Quand Mary Beth nous en a parlé, j'avoue, je n'ai pas été soulevée d'enthousiasme, mais le lieu paraissait correct et comme elle avait fait toutes les recherches et que le prix était abordable, j'ai décidé de ne pas faire ma mijaurée. L'esthétique intérieure laissait à désirer à mon sens, mais après tout, on allait pas emménager définitivement.





Donc, vue imprenable.




On a eu une petite averse, cet après-midi

Arrivées sur les lieux, j'ai été drôlement étonnée. Nettement mieux que sur le site web! Les — ou plutôt la photo du jardin était peu éloquente, le découvrir sur place est une bonne surprise. Bordé d'une haie de petits palmiers et de plantes locales, il est divin! Le premier matin, un oiseau rouge écarlate est venu donner sa sérénade, bref, un petit paradis.

La Haie


Sauf... La haie. Le lotissement est sur une pente plutôt raide, les maisons sont construites en terrasse et chacune dispose d'une vue imprenable sur l'océan. Non, mais j'insiste: on n'eût pu faire mieux! Quand je dis «on», je pense à ....Dieu! Cette création est tellement parfaite qu'il ne peut s'agir que d'une main divine. Les humains n'ont fait qu'apporter un peu de ciment pour construire la maison et des tractopelles pour aménager la terrasse. La vue, la nature, le volcan, la lave, tout cela est d'ordre surhumain! On s'incline et on savoure! Le jardin d'une maison dépasse tout juste la toiture de la suivante en contrebas. C'est un véritable amphithéâtre où chaque place est de première classe. Toutes ces terrasses sont aménagées de façon à savourer le specatacle quotidien, chaque fois différent: le coucher de soleil dans les îles! Quoi de plus beau?

Et là, dans la maison que nous occupons, les propriétaires ont fait pousser une haie qui bouche la vue sur les voisins. «Pour une question d'intimité» me dit Mary Beth contre quoi je m'insurge avec véhémence. Non, vraiment, c'est d'une connerie sans nom! L'intimité est largement suffisante avec une petite haie à hauteur des genoux. Auraient-ils laissé cette petite haie pousser sur toute la longueur, on ne voyait pas les voisins dans leur jardin, mais on ne manquait pas un atome d'H2O ni un photon du panorama au loin. Quant aux voisins, ils apercevraient peut-être nos têtes au-dessus de la haie quand nous déambulons sur notre terrasse, mais qui serait assez stupide pour faire le voyeur dans cette direction? C'est à 180° du vrai spectacle!!

Juste terrasse no 1 sans rien pour boucher la vue

Juste terrasse No 2

Bref, ça fait trois soirs que je râle pour cela, j'ai le choix: soit je coupe la haie, soit je fais un safari photo au coucher du soleil. Je vais plutôt choisir le safari et je vais me la coincer, parce que c'est bon, j'ai dit ce que j'en pensais et râler pollue avec des mauvaises vibrations.

Non, mais, sans blagues — j'ai pas fini! — ça en dit long sur la conscience collective, non? Offrez aux humains un paradis, ils le clôturent pour conserver leur intimité, marquer leur territoire, indiquer qui c'est le patron où ça, «propriété privée, n'entrez pas, interdit, pas permis». Gros soupir. Je ne suis décidément pas de ce monde. Un jour, j'ai osé dire que «la planète est à tout le monde» à des petits propriétaires d'un vignoble grand comme un mouchoir de poche sur un coteau dominant un lac magnifique. Je me baladais tous les matins dans ces vignes, savourant le panorama. Une quinzaine de jours avant les vendanges, le lieu devenait «à ban» pour dissuader la grapille. Me sachant honnête, j'avais tout de même emprunté mon chemin habituel et butté sur un gros garde-chasse — pardon, garde-raisin qui m'avait fait faire demi-tour. — Notez en passant qu'il y a des gens payés pour faire ce métier! — J'avais raconté cela à mes voisins, oubliant leur statut de petits propriétaires étriqués.

— Ah non, c'est pas comme ça que ça se passe, c'est communiste, de dire ça !

J'ai eu soudain l'impression de me trouver sur la planète des singes. N'empêche que depuis mon A380, en venant ici, je n'ai pas vu les frontières au travers du hublot. Désolée, mais je n'arrive toujours pas à comprendre comment on peut s'approprier un coin de planète. Ou une source. Ou  une étoile!

Juste une seconde, imaginons un monde où on se partagerait les ressources et où la survie ne serait pas payante. Parce que pour tout dire, cette maison paradisiaque dans laquelle nous logeons semble traverser une crise. Nous avons trouvé une sommation de payer les traites sur la porte en arrivant et des gens viennent la visiter car elle est en vente. Cet adorable logement n'est donc pas rien qu'un paradis, pour quelqu'un, c'est une source de gros problèmes. Est-ce vraiment juste? Ne pourrait-on pas faire autrement?

Oui, bon, je sais, «c'est communiste»... Et en quoi c'est mal de vouloir le même luxe pour tous? Moi je dis que c'est humain de penser comme ça.

Cela dit, je pars en safari photo, le coucher de soleil n'attend pas.







Il a fallu attendre le réparateur de l'air conditionné qui a mis du temps à déterminer qu'il y a avait une fuite de gaz. Pour réparer, il lui faut l'aval de la propriétaire qu'il n'arrive pas à joindre. Impossible pour lui de revenir demain, il viendra finir le travail vendredi. Encore deux jours sans clim'. On tient le coup, pas le choix, bien qu'il ait fait soudain très chaud vers 15h. Et puis subitement, les nuages se sont amoncelés, il a fait un orage express et la température est tombée d'un coup.

Nous prenons la voiture pour aller faire quelques courses, et nous nous achetons toutes les deux une chemise hawaiienne. Sous ses airs de carte postale, l'archipel vit la même crise que le reste du monde. Ici, le tourisme est encore florissant, mais j'ai connu des étés sur la Côte d'Azur bien plus opulents. De fait, la gérante de la boutique de tissus hawaiiens nous glisse que «c'est un pays du tiers monde, ici» et qu'elle retourne au Texas dans deux mois pour y prendre sa retraite. Il n'y a pas si longtemps, c'étaient les Texans qui venaient prendre leur retraite à Hawaii. Le monde bouge...