mardi 4 septembre 2018

Virée à Porto

C'est déterminé, nous sommes incapables d'être opérationnelles avant 10h du matin. Après le breakfast composé entre autres de rösti que mes copines adorent, nous partons en train pour Porto.


Je parlais du contraste entre maisons bien entretenues et celles laissées à l'abandon...

Idem

Notre quartier




En voilà une que nous adopterions volontiers!


Gare de Granja


En attendant le train, Mary Beth pose pour mon catalogue Pashmantradalas.

Gare de Porto avec ses Azulejos






Irrésistible, nous ne résistons pas




























«Maison du coeur de Jésus». Je lis le portugais.


Léger délabrement, il n'y a plus de murs autour des fenêtres.



Nous n'avions pas beaucoup de temps pour visiter, Mary Beth devait enseigner en fin d'après-midi. Cette petite virée fut tout de même un excellent moment. Il y a une très jolie atmosphère à Porto, nous reviendrons.

Après la sieste, je me sens pimpante. J'avais une vieille fatigue que j'ai enfin posée. Je suis aux fourneaux: darne de saumon — suave — ratatouille et petite salade mêlée. Nous constatons que c'est seulement notre second repas de la journée, voilà pourquoi nous commencions à avoir faim. 

Aux premières loges pour le spectacle vespéral:












Merci d'excuser le lamentable cadrage, c'est juste pour savourer l'ambiance et les nuances de céladon que l'océan a pris ce soir, une couleur qui me va droit à l'âme.





lundi 3 septembre 2018

La bonne vie


Ce matin, l'énergie est aussi grise que la météo. Nous avions toutes les trois besoin de repos, nous faisons donc la grâce matinée.

Sauf qu'il faut tout de même penser aux choses sérieuses et faire des courses. Notre hôtesse nous a signalé un marché à Espinho, la ville voisine. Après le petit déjeuner plutôt frugal faute d'avoir rempli le réfrigérateur, nous nous y rendons.  

J'ai reçu un mail administratif avec un formulaire à remplir dont je dois m'occuper le plus vite possible. Je suis donc préoccupée de trouver un endroit où imprimer mon document. Nous passons devant la bibliothèque municipale où je peux envoyer mon PDF sur le mail de la réception et hop, voilà mes deux pages imprimées pour 40 centimes. Vive la technologie! 

Pas encore totalement dans l'ambiance touriste, je ne fais que deux photos du marché: le stand de morues salées dont je ne peux heureusement pas capturer l'odeur! On est vraiment au Portugal.







De retour à la maison après un crochet au supermarché pour acheter d'autres denrées, nous laissons nonchalamment passer les heures. Hier, on avait plus ou moins parlé d'aller jusqu'à Lisbonne, mais l'énergie n'y est pas. Ensemble, notre grand plaisir c'est surtout les longues conversations à refaire le monde. Ce que nous faisons avec ferveur!

J'ai rempli mes formulaires et je cherche la poste. Madame Google me renseigne sur l'emplacement et les heures d'ouverture en quelques clics. C'est à dix minutes à pied et ouvert jusqu'à 18h. Je demande à la cantonade si une petite balade tente quelqu'un, Hisako répond présente. Mary Beth est au travail sur son ordi, des clients réclament son attention.

Nous passons devant la gare de Granja recouverte des fameux Azulejos, ces céramiques en bleu de Delft importées par les Hollandais. Il pleuvine sur notre petite promenade. Nous rentrons par la plage, la lumière est belle. Praia da Granja est un joli village mais comme partout de nos jours, la crise est visible. À côté de maisons bien entretenues, des propriétés laissées à l'abandon qui répandent une atmosphère de misère. On se dit une fois de plus qu'il est temps que les choses changent, cette lente dégradation de la planète est triste.








"Chez nous", c'est la maison blanche derrière le groupe de personnes





Alors que nous finissons notre repas du soir, le spectacle quotidien commence et qui peut résister aux rafales de photos du Soleil qui se couche sur l'océan?



















dimanche 2 septembre 2018

Praia da Granja

Après quelques heures plutôt ennuyeuses à traîner à l'aéroport, ce sont de sonores retrouvailles avec Hisako et Mary Beth. La première est au-delà de la fatigue vu le long voyage qu'elle vient de faire mais la joie nous booste les énergies.

Chez Budget, José change complètement la réservation. Madame Computer ne veut qu'une seule sacro-sainte carte de crédit par réservation. J'ai commis le péché d'oublier la mienne, je suis virée du système. Je médite sur ce qu'on appelle de nos jours l'Intelligence Artificielle. Mh... Besoin d'en dire plus? Mon avis est que cette intelligence n'a que celle qu'on lui insuffle.

Ce n'est plus une BMW qui nous est offerte, le coche a été loupé, c'est une Fiat 500. Quoi!? Je visualise le petit oeuf bien connu des hippies des années 80. Pour nous trois et nos valises? Ça va pas le faire!!  Non, j'ai zappé le X. Fiat 500X et c'est une autre histoire.




Nous arrivons à bon port, et c'est presque ça: la maison est sur la plage. Il me faut un peu d'acrobatie pour ouvrir le portail, je dois atteindre la poignée intérieure. Mon bras est un peu court, je prends ma bouteille d'eau comme extension pour appuyer sur la poignée. Elisa, notre hôtesse, a laissé la clef dans la boîte aux lettre et une lumière allumée pour nous. Elle avait une soirée de prévue et n'a pu nous attendre.

Nous papotons encore un moment avant de nous effondrer sur nos lits respectifs. Je visionne un film sur mon ordi quand je me rends compte que je ne suis plus l'histoire car je dors. J'éteins tout mais le fait d'avoir bougé me remets les neurones en marche. Je songe soudain que je dois annuler ma réservation de voiture. Je rallume l'ordi et je surfe sur le site à la recherche du bouton d'annulation mentionné dans les questions fréquentes. J'ai beau faire, je ne le trouve pas. J'écris un mail dans le champ de contact et je lance ma bouteille à la mer. Têtue, je continue à chercher et je trouve les conditions d'annulation. Je les lis et... zéro remboursement. Je fais inexorablement partie de la catégorie des non remboursables, c'est on ne peut plus clair.

Je suis furax. J'éteins tout et décide de remettre la question à demain matin, mais je rumine. Je suis complètement scindée en deux. J'ai une grosse colère contre les moulins à vent modernes: le système financier, les contrats plein de précisions en petites lettres qu'on ne lit jamais, la déception, la colère, le regret, la honte d'être si bête d'avoir oublié mes cartes de crédit sur ce foutuuuuu scan!!! Tout y passe, je m'en veux! Une autre partie de moi, qui prend lentement la priorité, n'a aucune envie de se laisser assombrir par ce problème. Je m'en fous. Pas remboursée? Et alors? La vie est belle, pas envie de penser, pas envie de ressentir ces émotions négatives. J'ai froid, soudainement. L'air est très humide et je n'ai qu'un drap. Pas de couverture dans l'armoire. J'enfile un legging, des chaussettes et une laine polaire et je finis par m'endormir, un peu chiffonnée quand même.

Je me réveille tôt dimanche matin et repense à mon problème. Je décide résolument que ce n'en est pas un. Je vais faire du neuf. On va dire que c'est pas grave, c'est juste de l'argent. C'est le jeu, ma pauvre Lucette: tu achètes des billets low cost, tu réserves une voiture via un site discount, les règles sont qu'en cas de quoi que ce soit, personne ne se fatigue à te rembourser. C'est écrit, j'ai cliqué sur "accepter" même sans tout lire, je n'ai plus qu'à faire avec. Pas la peine de faire une dépression.

J'ai à peine pensé cela qu'une vraie sérénité m'envahit. Il me reste un tout petit malaise qui dit que «c'est gaspillé» et c'est à ce moment-là que Mary Beth sort de sa chambre et que je lui donne la nouvelle. Elle me lance :

— Yeah? So what? Combien d'argent as-tu déjà gaspillé dans ta vie, qu'est-ce qu'une fois de plus?

J'éclate de rire. Seigneur, elle a raison! Je débusque alors une vieille programmation inconsciente et bien judéo-chrétienne: gaspiller c'est mal et si tu gaspilles, en plus, tu seras punie et privée d'argent. 
Argh. Mise en conscience, voilà une croyance-poubelle de plus. Non, je n'en veux décidément pas. Je la ferme virtuellement et la place dans le camion-poubelle. Je remplace par «cet argent va me revenir, et en double», j'ajoute juste pour le fun. Le cas est donc clos, en avant vers la suite des vacances!

Vu les circonstances d'hier, pas grand chose à manger ce matin à la maison, tous les magasins étant fermés à notre arrivée. Il y a tout de même du café et trois natas — délicieuse pâtisserie portugaise — achetés à l'aéroport avant de partir. Nous traînons un moment sur la terrasse face à l'océan et nous perdons dans nos passionnantes conversations.







Après la douche, nous allons marcher sur la promenade le long de la plage. Nous prenons un lunch bienvenu à la terrasse d'un petit restaurant sur la plage. Un burger maison copieux et savoureux. La vie est belle!









Après quelques courses au petit supermarché ouvert le dimanche, nous rentrons car une sieste nous appelle. Ce sont deux heures et demie d'un bon sommeil réparateur qui viennent achever de me mettre l'humeur à son meilleur niveau.

On va avec le flot. C'est l'estomac qui décide de l'heure de manger et l'air du temps qui nous fait dicte nos désirs. Nous soupons vers 20h30. Tomates, un excellent fromage local, pain, beurre. Puis une promenade sur la plage après le coucher du soleil. La marée est haute, le flux et le reflux est hypnotique. Ça sent bon le sel de la mer.

Qu'est-ce qu'on disait, déjà ? La vie est belle!











samedi 1 septembre 2018

European Tour 2018, 1re étape

Genève-Porto ce samedi matin.

C'était très bien parti. J'ai lutté contre une petite anxiété les jours précédent le départ, car il fallait que je fasse ma grande fille pour la première fois. Je précise que l'idée de voyager seule suffit à me dissudader de partir, mais quand c'est pour rejoindre mes meilleures ami(e)s, je fais avec. Sur ce coup-là, arrivant en début d'après-midi à Porto, j'ai d'abord envisagé d'attendre mes copines à l'aéroport jusqu'à 20h15, heure de leur arrivée en provenance d'Amsterdam. Et puis je me suis décidée à faire beaucoup mieux: aller prendre possession du AirBnb avant le soir histoire d'agrééer notre hôtesse, aller faire des courses puis retourner à l'aéroport pour prendre les filles. Ce matin, j'avais même plus peur!


La dernière fois que j'ai volé avec notre compagnie nationale, elle s'appelait encore "Swissais"




Une première émotion: je ne retrouve plus la clef de chez moi dans le compartiment prévu pour cela de mon porte-monnaie. Il a dû glisser dans mon sac, je regarderai quand je serai posée à l'aéroport. J'enregistre mon bagage avec messieurs les robots présents (c'est tout automatique, mainentant), je passe la sécurité et c'est à remarquer qu'une fois de plus, je quitte de Genève sans que personne n'ait jeté un oeil à mon passeport. Je fouille partout, pas de clef. J'appelle à la maison, Mado était en train de me faire un whatsapp pour me dire que j'avais oublié la clef sur la porte. Ouf!

J'avais voulu vérifier que c'était bien mon double de clef alors que je n'en ai qu'un et que je le connais par coeur. Un TOC dû au stress du départ. Bah, pas grave, Mado sera là quand je rentrerai, pissétou.

Il fait super beau quand l'avion se pose à Porto par 36° et une tempête de ciel bleu. Je récupère mon bagage et me fait dire de prendre la navette jusqu'à la location de voiture. Hormis le rythme des pays du sud (on prend le temps) tout va super bien. Ça tombe bien, je ne suis pas pressée, j'ai tout mon temps, c'est les vacances.

Minute... Je dis "tout va bien" c'est un euphémisme. Je note avec jubilation que tout va impeccablement parfaitement bien. Je me renseigne au guichet budget, la fille me dit de prendre la navette qui est justement là et dont le chauffeur rouvre la porte pour m'embarquer. C'est comme ça depuis ce matin: j'arrive pour prendre le bus, le temps de prendre mon billet et de poser mes fesses, le bus démarre. Une voisine sympathique m'est accordée sur les deux tiers du trajet; je crois avoir perdu ma clef, que nenni, juste oubliée, c'est à peine si je suis contrariée. L'avion est agréable, je suis à la rangée 3A — vite installée, vite sortie à l'atterrissage — un voisin tranquille, des sièges confortables, on dirait qu'il y a plus de place que d'ordinaire, mais dans quelle réalité Dysneyland ai-je passé? Tout.va.bien! Grâce et aisance!!

Donc, navette, queue au guichet Budget. J'ai tout réservé sur internet, j'ai imprimé les papiers, des fois que le numérique me trahisse on ne sait jamais. C'est José qui me sert, il veut me refiler une assurance complémentaire, mais j'ai prévu le coup, j'ai pris en ligne une assurance qui couvre la franchise et plein d'autres frais en cas de pépin; José est content. Je suis censé obtenir une Citroen C4, il m'octroye une BMW, un petit station wagon qui m'a l'air tout à fait parfait.

Reste plus qu'à donner ma carte de crédit pour les 300€ de caution.

Et c'est là que le rêve tourne au cauchemar. Là, dans les compartiments de mon magnifique porte-monnaie prévus pour, pas de cartes de crédits. Rien, nada, nichts, nothing, zilch, que dalle!!!!! Tachycardie. Me les aurai-t-on volées??!?!?

Non.

Je suis sûre que non. J'ai un sens kynesthésique qui s'allume dès que je me déplace et mes affaires deviennent une prolongation de mon corps. Dans ce cas, je sais que je n'ai pas perdu un membre... Elles ont glissés dans mon sac? Je fouille et refouille, ben non, rien. Du coup, c'est cuit pour la voiture. Pas moyen. Il lui faut le morceau de plastique à José. Je dis que ma carte est enregistrée avec la réservation, et si je lui donne le numéro?

Non.

Et du cash?

Non.

M'énerve, parce qu'il est joli, José, et quand il dit non comme ça, je n'arrive même pas à lui en vouloir.

Je lui raconte alors que mes copines vont venir ce soir, je pourrai lui donner une carte de crédit. Il dit qu'il verra si son collègue est d'accord de prendre la caution de cette réservation sur cette carte de crédit, pas sûr, sinon on annulera cette réservation et Mary Beth ou Hisako en feront une autre.

Je mets un point-virgule à cette affaire et je sors. Je respire un grand coup. Où sont donc mes rontudju de cartes de crédit?? Ça me revient d'un coup: sur la vitre de mon scan! Hier, j'ai scanné toutes les cartes que j'avais prévu de prendre sur moi. En cas de perte ou de vol, je sais ainsi lesquelles bloquer. — soupir—. J'ai voulu trop bien faire! Les scans, je les avais de longue date dans mon ordi, mais j'ai voulu actualiser la liste. Ce foutu mieux ennemi du bien! J'ai remis la première série de carte à leur place mais les trois dernières sont restées sur la vitre. Rhaaaa! Je me traite de tous les noms et en même temps, je suis soulagée. Au moins, elles ne sont pas perdues.

Sauf qu'elles vont me manquer. Alors hop, second appel à Mado. Effectivement, elle les trouve et elle me les enverra dès lundi. Ce qui m'étonne une seconde fois, c'est ma zénitude. Je suis un peu contrairée mais surtout, je me moque bien de moi, il y a un guignol à l'intérieur qui est plié de rire! Non mais, je peux pas m'empêcher, alors? Il faut que je me complique la vie? Bon, d'accord, ça fait un bon article de blog, mais ça me donne à réfléchir. Et si je me lançais le défi de faire en sorte que tout soit parfait comme ce matin SANS l'épisode d'oublier les cartes de crédit? Sans pépin, sans couac, sans... rien. Seulement Grâce et Aisance. Pour voir...

Ou alors c'est une sale gosse têtue qui refuse très fort d'aller toute seule au AirBnb, mais ça, je refuse de me l'avouer!

Me voilà donc attablée dans l'aéroport, il me reste 4 heures à attendre mes copines. J'ai laissé mon câble d'alimentation dans la grosse valise au guichet Budget, la batterie de l'ordi est à 43%. Je vais peut-être reprendre une navette pour aller le chercher, ça tuera du temps.

Tuer le temps...